Volkswagen lance une offensive contre Tesla

IndustrieLe premier constructeur automobile du monde mise sur l’électricité avec un objectif majeur: barrer la route à son confrère californien.

«Nous sommes très optimistes. Nous pouvons enrayer l’essor de Tesla», a prévenu au début du mois le président du directoire de la marque Volkswagen, Herbert Diess.

«Nous sommes très optimistes. Nous pouvons enrayer l’essor de Tesla», a prévenu au début du mois le président du directoire de la marque Volkswagen, Herbert Diess. Image: Keystone

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Le monde de l’automobile connaît une nouvelle effervescence. Moins de deux ans après l’éclatement du dieselgate, son principal responsable, Volkswagen, détrône Toyota et prend la place de leader mondial dans cette branche de l’industrie. La firme de Basse-Saxe mise aujourd’hui à fond sur la voiture électrique avec un objectif majeur: barrer la route à Tesla.

«Nous sommes très optimistes. Nous pouvons enrayer l’essor de Tesla», a prévenu au début du mois le président du directoire de la marque Volkswagen, Herbert Diess. Mais ne nous trompons pas! Ce message est beaucoup moins inspiré par le goût de l’hostilité que celui de la compétition industrielle. Il peut même être interprété comme une marque de respect, tant la production de la firme californienne s’avère encore marginale: 83'922 véhicules l’an dernier pour Tesla, contre 10,3 millions pour le groupe Volkswagen et ses douze marques.

Herbert Diess insiste néanmoins sur le fait que VW a conçu de nouveaux modèles, voués à tailler des croupières à ceux de Tesla. Et plus précisément à son Model 3, visant une clientèle plus familiale et plus modeste que les créations précédentes, avec un prix de vente inférieur à 40'000 francs. Pour combattre plus particulièrement ce Model 3, Volkswagen élabore son concept intitulé Iconic Design, ou «ID». Avec cette voiture la firme allemande promet d’innover autant que ce dont elle avait été capable avec la Coccinelle il y a septante ans et la Golf il y a quarante ans.

Volant rétractable

Il est vrai que l’ID devrait fonctionner avec une autonomie de 600 km, tout en offrant la possibilité de rouler en conduite autonome avec un volant se rétractant. A titre de comparaison, lors de la présentation l’an dernier du Model 3, le patron de Tesla, Elon Musk, n’évoquait qu’une autonomie de 350 km, susceptible de s’améliorer. L’entreprise de Palo Alto semble toutefois garder un avantage important: les premiers Models 3 devraient être livrés aux clients déjà cette année. Son rival allemand se donne encore quelques années pour l’ID, tout en prétendant devenir leader de l’électromobilité d’ici huit ans, avec une production d’un million de voitures électriques chaque année. Elon Musk a déjà manifesté l’ambition de produire 500'000 autos au cours de la seule année 2018.

Dans le contexte actuel, les enjeux et les incertitudes stimulent les enchères dans la communication. C’est évident. L’historique des entreprises en lice favorise en plus des choix stratégiques radicalement différents. Les plus grands constructeurs couplent souvent leurs propres infrastructures de fabrication et d’assemblage avec des réseaux de sous-traitants dotés d’un grand savoir-faire en batteries. Tesla, pour sa part, place plus d’espoir dans une gigantesque usine intégrant autant la fabrication de véhicules que de batteries, processus se concluant par l’assemblage au même endroit. L’entreprise, fondée en 2003, dispose déjà d’une telle usine dans le Nevada. Sa construction n’est certes pas encore complètement achevée, mais Elon Musk cherche déjà, depuis plus d’un an, un site supplémentaire en Europe.

Atout décisif du Portugal

Rien d’étonnant, la bagarre pour être choisi par Tesla se révèle intense sur le Vieux-Continent. L’entreprise prévoit il est vrai un investissement dépassant les 5 milliards de francs, créant finalement 10'000 emplois directs. Environ 300 sites sont actuellement examinés par la société dont l’action est cotée au Nasdaq. Le nord des Pays-Bas apparaît souvent comme le favori, puisque Tesla dispose déjà à Tilburg d’une usine d’assemblage. Combative, la ministre française de l’écologie, Ségolène Royal, avait commencé à vanter les mérites du site de Fessenheim, auprès d’Elon Musk, déjà un an avant la publication du décret sur la fermeture de la centrale nucléaire, le mois dernier dans le journal officiel.

Le Portugal détient cependant un atout particulièrement convainquant: ce pays est en effet le sixième producteur de lithium dans le monde et ce métal alcalin constitue une des matières premières les plus importantes dans la fabrication de batteries. Des salaires relativement modestes en comparaison européenne et des ports modernes renforcent encore davantage l’attrait de certaines communes lusitaniennes.

Créé: 12.05.2017, 16h29

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