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Volkswagen limite le salaire de son président

Les dirigeants des grandes firmes allemandes sont accusés de s’octroyer des salaires mirobolants sans lien avec leurs résultats

Le salaire du PDG de Volkswagen est désormais limité à dix millions d’euro par an.
Le salaire du PDG de Volkswagen est désormais limité à dix millions d’euro par an.
Reuters

Dix millions d’euros par an. Mais pas plus! Selon les informations de l’agence allemande dpa, le conseil de surveillance de Volkswagen devait décider vendredi de limiter le salaire et les primes du président du directoire, lors d’une réunion s’étant terminée tard dans la soirée.

Cette décision fait notamment suite au scandale touchant un membre du directoire. Il avait été indemnisé un peu trop «largement». Alors que Volkswagen traverse la plus grave crise de son histoire, Christine Hohmann-Dennhardt a reçu 12 millions d’euros d’indemnités pour seulement treize mois de présence au directoire. Elle touche par ailleurs une retraite de 8000 euros par mois.

Ce n’est pas la première fois que la direction de Volkswagen est accusée «d’arroser» ses managers, sans tenir compte de leurs performances réelles. L’ancien président Martin Winterkorn avait touché 17,5 millions d’euros en 2011 et touche actuellement 3100 euros de pension… par jour. Une retraite en or particulièrement élevée, alors qu’il a été chassé de l’entreprise pour le scandale des moteurs truqués.

A sept mois des élections fédérales, les salaires mirobolants des managers sont devenus un thème de campagne idéal. Les patrons allemands sont régulièrement accusés de bénéficier de rémunérations équivalant à celles de leurs homologues américains, mais sans prendre les mêmes risques. Le Suisse Josef Ackermann, ex-patron de Deutsche Bank, a été longtemps le symbole de ces excès du patronat allemand.

Par ailleurs, l’écart des salaires entre la base et la direction continue de grandir. Selon une étude de la fondation Hans-Böckler, les membres du directoire des 30 plus importantes entreprises cotées à la Bourse de Francfort ont gagné 57 fois le salaire de leurs salariés en 2014 contre 42 en 2005.

La gauche social-démocrate ayant fait de la justice sociale son cheval de bataille pour renverser Angela Merkel le 24 septembre, le groupe parlementaire va proposer une loi limitant à 500 000 euros la part des revenus annuels considérés comme des frais d’exploitation. L’idée est de soumettre le reste à l’impôt sur les sociétés.

Le Parti chrétien-démocrate (CDU), qui était d’abord opposé à une modification de la législation, est rapidement sorti du bois pour soutenir le projet. Les conservateurs ne veulent pas abandonner ce thème de campagne aux sociaux-démocrates. «L’idée me paraît très bonne. Je pense qu’on trouvera un consensus», a déclaré Peter Altmaier (CDU), le chef de la Chancellerie.

Mais les juristes estiment qu’une telle loi risque d’être bloquée par le Tribunal constitutionnel. «Le principe d’égalité fiscale serait fondamentalement remis en cause», estime Friedrich Heineman, expert au centre de recherches économiques de Mannheim (ZEW). «Le Bayern de Munich pourra-t-il continuer alors à déduire les millions versés aux stars du foot?» s’interroge-t-il. Ce serait injuste…

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