«Nous voulons nous développer aux Etats-Unis depuis Miami»

Place financièreEric Syz, directeur de la banque genevoise du même nom, revient sur la stratégie du groupe suite à l'achat de Royal Bank of Canada (Suisse).

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Photo d'illustration. Image: ©Pascal Frautschi

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Le groupe bancaire genevois Syz a confirmé la semaine passée une rumeur persistante sur son rachat de la Royal Bank of Canada (Suisse) SA. Son directeur, Eric Syz, revient sur cette étape importante qui lui ouvre les portes des Etats-Unis, un pays où le conflit fiscal avec la Suisse n'est pas encore entièrement terminé. Fin 2014, Syz employait 442 collaborateurs (à temps plein) et a réalisé un bénéfice net de 13,2 millions.

Suite à l'achat de Royal Bank of Canada (RBC) en Suisse, Syz prévoit-elle d’autres acquisitions?

Oui, nous continuerons à chercher des opportunités. Cependant, nous devons d’abord digérer cette acquisition. Le «closing» du contrat aura lieu à fin août et l’intégration complète dès le début de 2016. Cette opération est entièrement financée par nos fonds propres.

Cette volonté de poursuivre les acquisitions est plutôt motivée par le besoin d’avoir encore davantage de fonds sous gestion, et/ou d’étendre encore votre présence géographique ?

L’acquisition de RBC Suisse est le résultat d’une réflexion et correspond à une stratégie de développement qui a identifié les zones géographiques d’Amérique Latine et Afrique comme des zones de croissance pour l’activité Wealth Management. En acquérant RBC, nous avons d’un coup acquis ces marchés, ainsi que les expertises et les compétences qui y sont associées. Les structures sont déjà en place et, enfin, et l'historique («le track-record») dans ces marchés spécifiques sont bons.

Combien de fonds souhaite gérer Syz ?

Une chose est certaine, nous devons atteindre une masse critique de nos avoirs sous gestion pour être compétitifs dans un marché où les coûts grandissants pèsent sur les résultats et allègent le bénéfice. Nous n’avons cependant pas de limite dans la gestion des actifs. Il nous tient à cœur de rester fidèle à notre ADN, de ne pas la trahir. Nous voulons maintenir un niveau d’excellence dans la qualité de service, innover et mettre au défi le status quo.

Dans quelle juridiction Syz souhaite encore être présent ? Et quel est la limite à son développement, au niveau des coûts supplémentaires que cela implique ?

Avec l’acquisition de RBC, nous étendons non seulement notre présence sur les marchés d’Amérique latine et Afrique, mais également en Asie et au Moyen-Orient, et consolidons notre présence en Europe. Nos prochains axes de développement seront les suivants. Tout d'abord approfondir la pénétration de ces marchés, ensuite, développer la gestion sur place («onshore») aux Etats-Unis, au travers du bureau basé à Miami, récemment acquis avec RBC Suisse, et finalement poursuivre le développement de l’activité de gestion institutionnelle («asset management»), par l’acquisition de nouveaux talents ou équipes de compétences, le développement de nouveaux produits ou les domaines de spécialisation.

Est-il correct que l’intégration de RBC sera terminée au 1er trimestre 2016, le deal sous toit avant la fin du 3e trimestre, donc avant la fin septembre ?

Oui cela est correct, encore faut-il que nous ayons l’approbation de la FINMA. Nous pensons clôturer l’achat à fin août.

Pourquoi avoir réalisé un «share deal» (reprise de toute la société), et non un «asset deal» (acquisition des portefeuilles clients), comme l’a fait UBP dernièrement avec Lloyds ?

Nous avons préféré ce mode de transaction car nous pouvons assumer dès l’approbation par la FINMA la responsabilité du business et l’intégrer à notre modèle d’affaire. L’asset deal implique une longue période de transition qui n’aurait pas été bénéfique à notre sens.

Avez-vous l’impression que la place financière genevoise, lémanique, est particulièrement active dans l’intégration bancaire suisse en cours, et en ce qui concerne le rachat de filiale, de succursales et de représentation étrangères en Suisse ?

Oui, tout à fait. Le changement de paradigme de la place financière mène à la disparition graduelle des filiales en Suisse des banques internationales étrangères. Dans ce contexte, et à la faveur de cette acquisition qui nous propulse dans le top 20 des banque privées suisses, nous avons les moyens de participer en tant que consolidateur à la fois sur le marché de la gestion de fortune privée (wealth management) que dans celui de la gestions institutionnelle (asset management).

Créé: 20.07.2015, 07h43

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