Yves Bouvier abandonne le projet parisien R4

TransactionLe terrain du futur pôle artistique de l’Ile Seguin est vendu à un tycoon parisien de l’immobilier, associé à Jean Claude Gandur.

Yves Bouvier

Yves Bouvier Image: Georges Cabrera

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Empêtré depuis dix-huit mois dans une guerre judiciaire sans merci avec un ancien oligarque russe, l’homme d’affaires Yves Bouvier jette l’éponge sur le projet R4 – cette cité artistique qui doit surgir sur les anciennes usines Renault de Boulogne-Billancourt, dans l’Ouest parisien. Les terrains qui attendent la construction de ce futur «pôle des arts plastiques et visuels» ont été cédés par l’une des sociétés qu’il préside – EuroAsia – au groupe immobilier Emerige et à un partenaire nommé AOG, indique un communiqué publié jeudi. Le premier appartient à Laurent Dumas, «tycoon» des immeubles de bureaux parisien et grand collectionneur d’art contemporain.

Sur les quais de Billancourt, tous les chemins mènent à Genève. Car AOG n’est autre que le Addax & Oryx Group de Jean Claude Gandur, personnage central du pétrole à Genève, rendu milliardaire par la revente, à la Chine, de ses gisements de brut en 2009. Un an plus tard, sa société AOG s’associe à Emerige et annonce alors un plan de plus d’un demi-milliard d’euros d’acquisitions immobilières à Paris. Avec R4, Jean Claude Gandur se lance dans un nouveau projet de musée – également dessiné par l’architecte vedette Jean Nouvel – après le «niet» opposé par la population genevoise à son idée du Musée d’art et d’histoire. Hier son entourage ne répondait pas aux messages sur le sujet.

A en croire ses repreneurs, l’ambitieux ensemble imaginé sur ce qui fut la plus grande concentration ouvrière de France n’est en rien un simple coup immobilier. «La pérennité de la vocation culturelle de la pointe amont de l’Ile Seguin est assurée», assure leur communiqué. «Emerige et ses partenaires mettront tout en œuvre pour donner rapidement naissance à ce projet tant attendu», renchérit Laurent Dumas.

Ce sera sans Yves Bouvier. Et sans la directrice du projet, la Lausannoise Nelly Wenger, qui retourne à ses «projets mis en attente». L’ancienne responsable d’Expo.02 en Suisse dit «confier en toute sérénité» un R4 auquel ses repreneurs apporteront «un nouveau souffle». Galeries d’artistes, lieux de production d’œuvres d’art, salles de vente, visites privées de collections doivent être réunis sur ces trois hectares en bord de Seine. En avril dernier, le magazine Challenges indiquait que le milliardaire genevois aurait dépensé le dixième des 160 millions d’euros promis au R4.

Joint par courriel vendredi, l’entourage d’Yves Bouvier ne commente pas ces chiffres. Il nie en revanche tout lien entre son départ de Billancourt et les poursuites du richissime Russe qui l’accuse de l’avoir escroqué à hauteur de près d’un milliard de dollars sur des toiles de maîtres. Celui qui préside également la société Natural LeCoultre dit simplement se «réjouir du dénouement positif de ces discussions». Il estime que «la poursuite de ce projet d’envergure auquel je conserve un attachement tout particulier» est «garantie». (24 heures)

Créé: 09.09.2016, 21h22

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