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Crise de la detteLa zone euro au chevet de la Grèce

Les ministres des Finances de la zone euro se réunissent lundi à Bruxelles dans l'espoir de débloquer l'impasse sur le plan d'aide à la Grèce.

Photo d'illustration.
Photo d'illustration.
AFP

Depuis des mois, les négociations entre la Grèce et ses bailleurs de fonds - zone euro et FMI - piétinent, suscitant de plus en plus l'inquiétude des marchés financiers. Jeudi, un porte-parole du gouvernement grec a indiqué viser un «accord politique de principe» avec ses créanciers lundi. «Dans le meilleur des cas», il y aura un «préaccord», a dit de son côté un haut responsable européen.

Or, pour le déboursement d'une nouvelle tranche de crédit promise dans le cadre du troisième plan d'aide à la Grèce conclu à l'été 2015, un accord complet et définitif est nécessaire.

Théoriquement, la Grèce a de la marge jusqu'en juillet, mais pas au-delà, car elle doit alors honorer des créances de plus de 7 milliards d'euros (7,5 milliards de francs).

Influence des élections

Mais la tenue d'élections en mars aux Pays-Bas, puis d'avril à juin en France et enfin en septembre en Allemagne pourrait retarder encore le processus de décision.

Les négociations entre Athènes et ses créanciers butent depuis des mois sur les différences d'évaluation de la situation économique de la Grèce dans les prochaines années et les remèdes à lui proposer.

Non convaincu par les arguments des Européens, le FMI, qui a joué un rôle central lors des deux premiers plans de sauvetage de la Grèce, en 2010 et 2012, traîne des pieds pour participer financièrement au troisième.

Le FMI joue pour l'instant le rôle de simple conseiller technique, au grand dam de Berlin qui souhaiterait le voir s'engager davantage, jugeant le Fonds garant d'une certaine rigueur.

Trop ambitieux

Le FMI estime tout d'abord que les objectifs budgétaires fixés à Athènes par les Européens sont trop ambitieux: il table sur un excédent budgétaire primaire grec (sans paiement des intérêts de la dette) de 1,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2018. La zone euro mise, elle, sur 3,5%.

Pour que l'objectif des 3,5% du PIB soit atteint en 2018 et au-delà - comme l'attendent les Européens -, le FMI demande au gouvernement grec de pré-légiférer dès maintenant des mesures permettant de dégager les 2% du PIB manquants.

Il s'agirait d'une réforme des retraites (permettant de réduire les dépenses) et des mesures fiscales (pour augmenter les recettes).

Une demande que rejette pour l'instant le gouvernement de gauche du Premier ministre Alexis Tsipras, qui estime de toute façon que sa faible majorité au Parlement grec ne lui permettrait pas de faire adopter ce nouveau tour de vis.

Second point d'achoppement: le nombre d'années pendant lesquelles la Grèce doit dégager un excédent budgétaire primaire de 3,5% du PIB après 2018. L'accord sur le plan d'aide scellé à la mi-2015 évoquait laconiquement «le moyen terme».

Pour la Commission européenne, le «moyen terme» serait de trois ans, mais pour les Allemands, de dix ans (ce qui maintiendrait plus longtemps la pression sur les Grecs).

Niveau de la dette

Enfin, troisième pomme de discorde: la dette grecque, qui s'élevait à près de 180% du PIB en 2016. Le FMI la juge «explosive» et souhaiterait des allègements significatifs, ce que l'Allemagne, premier créancier d'Athènes, refuse.

Selon ses règles internes, le FMI ne peut accorder un prêt à un Etat que s'il juge sa dette soutenable. Une exception, concoctée en 2010 pour que le Fonds aide la Grèce, a été supprimée en 2016 sous la pression notamment des Etats-Unis.

En l'absence d'un déblocage lundi, les espoirs pourraient se tourner vers une autre importante rencontre à Berlin mercredi entre la chancelière Angela Merkel et la patronne du FMI, Christine Lagarde. Elle sera suivie d'un tête-à-tête entre la dirigeante allemande et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

ats

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