Servir et disparaître. Un principe des plus nobles en politique, mais qui n’est que bien trop rarement appliqué. Trouver le bon moment pour se retirer est toujours difficile, tant les enjeux, les pressions des proches et – bien évidemment – les ego sont importants. C’est pourtant ce qu’on attend aujourd’hui de Joe Biden.
En plus de cinquante ans de carrière politique, le 46e président des États-Unis s’est construit une solide réputation de politicien et d’homme d’État. Au Sénat, d’abord, où il a été à l’origine de plusieurs lois majeures, puis en tant que vice-président du jeune Barack Obama, à qui il a apporté une expérience essentielle.
À quatre mois des élections, les gaffes qui ont rendu Joe Biden attachant ne font désormais plus sourire. Elles ont laissé la place à l’inquiétude quant à sa capacité à diriger la première puissance mondiale. Un toujours plus hypothétique second mandat l'amènerait à ses 85 ans et son triste déclin risque de s’accélérer.
La menace grandissante d’un retour au pouvoir de Donald Trump incite ses principaux soutiens et donateurs à le lâcher, signe qu’il est plus que temps de passer la main. L’absence d’alternative poussait les Démocrates dans une fuite en avant jusqu’au 5 novembre, mais la vice-présidente Kamala Harris a surmonté sa faible popularité pour prendre le dessus sur Joe Biden dans les sondages.
Après avoir été un grand serviteur de son pays, il est donc temps pour lui de se retirer, et son entourage – sa femme Jill en premier lieu – doit accepter cette évidence. Renoncer à se représenter est très certainement le plus gros défi de la riche carrière de Joe Biden. Mais y parvenir ne pourra qu’accroître sa respectabilité face à ceux qui s’accrochent malgré les défaites électorales et les condamnations judiciaires.
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Éditorial – Joe Biden, le courage de se retirer
Les prestations publiques du président des États-Unis ne rassurent pas, à quatre mois des élections. Passer la main semble désormais inévitable.