Le changement, ce n’est pas pour maintenant. N’en déplaise au slogan rendu célèbre en 2012 par François Hollande, la France n’est vraiment pas prête à évoluer. Au vu du triste spectacle livré depuis dimanche soir par sa classe politique, nous ne parvenons pas à entrapercevoir un début de solution afin de gouverner le pays entre les trois blocs sortis des urnes.
La gauche est certes sortie en tête, mais elle ne parvient pas à calmer ses divisions. Jean-Luc Mélenchon et ses fidèles tiennent mordicus à prendre Matignon, bien que l’heure soit au dialogue avec les autres composantes du Nouveau Front populaire et au-delà. Un NFP qui crie au triomphe, même s’il lui sera impossible de gouverner seul, avec seulement un tiers des députés.
Chez les macronistes, on semble retenir son souffle pour tenter de conserver le pouvoir avec ceux qui voudront bien les rejoindre. Mais qui? Les LR non ciottistes ont refusé d’adhérer au front républicain, et la gauche considérée comme respectable pour le camp présidentiel se réduit petit à petit puisque les Verts en sont désormais exclus. Sans compter que le président de la République et son futur ex-premier ministre ne sont plus sur la même longueur d’onde.
Tout cela est incompréhensible vu de Suisse, où les partis arrivent à travailler malgré leurs différences. Bien d’autres pays parviennent aussi à de grandes coalitions. Or, la France ne l’a plus fait depuis septante ans et la très instable IVe République, et est minée par les crises et, déjà, l’absence permanente de majorité claire.
Il va pourtant falloir trouver un moyen de parvenir à un certain consensus, faute de quoi les effusions de joie républicaines de dimanche vireront aux larmes, lorsque l’extrême droite – qui a bien cru son heure arrivée – en profitera pour parvenir au pouvoir.
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Éditorial – Le dialogue ou l’extrême droite
La classe politique française doit dépasser ses divisions et s’entendre, pour ne pas voir le Rassemblement national l’emporter en 2027.