Votre navigateur est obsolète. Veuillez le mettre à jour avec la dernière version ou passer à un autre navigateur comme ChromeSafariFirefox ou Edge pour éviter les failles de sécurité et garantir les meilleures performances possibles.

Passer au contenu principal

Éditorial
L’ours pourrait déjà avoir vendu sa peau

Abonnez-vous dès maintenant et profitez de la fonction de lecture audio.
BotTalk

En Slovaquie, le Ministère de l’environnement veut assouplir les très strictes conditions d’abattage de l’ours, espèce pourtant protégée depuis vingt ans.

Cette volonté récente d’un gouvernement populiste en campagne électorale a dû faire écho dans certains esprits suisses. Assurément chez ceux qui ont applaudi des deux mains l’entrée en vigueur l’année dernière de la loi sur la chasse rendue plus permissive par le conseiller fédéral UDC Albert Rösti.

Ce texte vise évidemment le loup. Certes, un ours a été immortalisé le mois dernier dans le Parc national, mais le plantigrade s’est fait plutôt discret de par chez nous ces dernières années. L’image prise par un piège photographique est du reste la première trace tangible de l’animal depuis dix-huit mois.

Le loup au contraire n’a cessé de scier la branche sur laquelle il s’est confortablement assis. En entrant, non pas dans la bergerie, mais dans des pâtures situées de moins en moins loin des habitations.

C’est bien là qu’un parallèle peut être tiré. Les ours slovaques comme les loups suisses ont démontré qu’ils craignaient de moins en moins la proximité des humains. Avec des conséquences pour l’heure très différentes en termes d’attaques sur l’homme.

La volonté politique de Bratislava répond en effet à la psychose qui a envahi le pays, en partant de la région des Carpates. Abondant, l’omnivore s’y est rendu coupable de onze attaques, causant même la mort d’une femme, tombée dans un ravin en s’enfuyant.

Or, c’est bien le spectre d’attaques sur les êtres humains que les antiloups suisses de tout poil (soit les éleveurs qui sont directement confrontés au grand carnivore et ceux qui y sont opposés par principe) brandissent comme argument ultime à sa régulation massive.

L’expérience du terrain leur donne tort. Pour l’ours en revanche, elle apporte de l’eau au moulin de ceux qui ne peuvent pas entendre une autre solution que le son du canon.