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Éditorial
Roger Nordmann, à la guerre comme à la guerre

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Lorsque le PDC fribourgeois Urs Schwaller a tenté de succéder au conseiller fédéral valaisan PLR Pascal Couchepin, un de ses arguments de campagne était: «Je suis aussi le candidat de la Romandie.» Déclamé avec une pointe d’accent singinois. Pour viser le siège d’Alain Berset tout en convainquant qu’il n’est pas seulement latin, Roger Nordmann tente le «Beaucoup d’Alémaniques me considèrent comme l’un des leurs». Originaire de Seuzach, le socialiste n’a pas été jusqu’à dire qu’il était le plus Zurichois des Vaudois. Et ce, vingt-cinq ans jour pour jour après la mort de Jean-Pascal Delamuraz.

Sérial candidateur aux fonctions prestigieuses, l’homme a indéniablement des qualités. Avant qu’il ne soit battu aux primaires à la course aux États il y a quatre ans, je l’avais comparé à un personnage de bande dessinée, un Marsupilami qui avait su tempérer son côté «chien fou». Pour comprendre sa nouvelle bataille, il faut peut-être aller plus loin dans l'étymologie de son prénom aux origines… germaniques (hrod, «victorieux», et gari, «la lance»). Roger signifierait ainsi «lance victorieuse» et par extension «glorieux guerrier».

«Pas grand monde ne croyait par exemple aux chances de Guy Parmelin ou d’Elisabeth Baume-Schneider.»

Question timing, de prime abord, ce combat pourrait ressembler à celui de Don Quichotte. Il y a déjà un Vaudois au Conseil fédéral. Le temps semble acquis à un retour à une majorité alémanique pure AOP et les autres prétendants sont solides. À l’interne de son parti, les soutiens sont pour le moins timorés et on ne peut pas dire que son profil fait rêver la droite conservatrice, qui va certainement renforcer son poids au sortir des prochaines fédérales. Bref, tout laisse à penser que les planètes ne sont pas alignées pour ce lobbyiste solaire convaincu.

Mais Roger Nordmann le sait, c’est probablement maintenant ou jamais. Il saisit la fenêtre d’opportunité en sachant que, si une élection au Conseil fédéral se joue de moins en moins avec de longs couteaux, ce n’est pas toujours la favorite ou le favori qui s’impose. Pas grand monde ne croyait par exemple aux chances de Guy Parmelin ou d’Elisabeth Baume-Schneider. Dans son chef-d’œuvre, Cervantes écrit à la fois «La valeur qui va jusqu'à la témérité est plus près de la folie que du courage», «Mourir en combattant sied mieux au soldat qu’être libre dans la fuite» et «Mieux vaut la honte sur le visage que la tache dans le cœur.»