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Huitième de finale de l’EuroItalie-Suisse n’a pas toujours été qu’un match de foot

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En Suisse, un duel entre la Nati et la Squadra azzurra ne s’est pas toujours résumé à un simple match de football entre deux pays voisins. En particulier dans les années 60, 70 et 80. Historien des migrations à l’Université de Genève, Toni Ricciardi a souvent évoqué le poids symbolique des rencontres de football pour la communauté italienne en Suisse.

Prenons un match, pas tout à fait au hasard, en 1982. Cette année-là, à Madrid, l’Italie remporte la Coupe du monde contre l’Allemagne, un autre pays qui a connu une importante migration de bras transalpins. En Suisse, cette victoire au Mondial espagnol enorgueillit toute une communauté ouvrière en mal de reconnaissance et d’intégration.

Trois mois après ce sacre, les Transalpins affrontent en favoris la Suisse pour un duel amical à Rome. Aux yeux des supporters helvétiques, c’est surtout David contre Goliath. Pour les tifosi italiens, c’est la douche froide et un dur retour à la réalité le lendemain au boulot: la Suisse remporte ce match 1-0, faisant tomber la meilleure équipe du globe de son fragile piédestal.

Quarante-deux ans plus tard, la rencontre Suisse-Italie n’a plus le parfum de revanche sociale pour les Italiens de Suisse. Comme le démontrent nos témoignages, les enfants d’immigrés aiment aussi la Nati. Ils sont devenus Suisses; ils ne travaillent plus sur les chantiers ou «à la fabrique», ne doivent pas «battre l’équipe du patron» et se venger des initiatives Schwarzenbach contre la surpopulation étrangère.

Parfaitement intégrés, ces secondos regardent le football avec plus de légèreté que leurs parents à l’époque. À l’issue de ce duel à l’Euro, ils seront tristes et contents à la fois, disent-ils dans nos colonnes. Tout en avouant, au fond du cœur, leur préférence pour la Squadra azzurra.