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Opinion

Éditorial sur le Conseil fédéral
Les ouin-ouin de la politique

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À gauche, les rancœurs seront-elles tenaces? Le renouvellement du Conseil fédéral mercredi a laissé des traces. Les Verts accusent le PS de trahison, pour ne pas avoir soutenu leur poulain Gerhard Andrey. Quant aux socialistes, ils fustigent la droite d’avoir menti, elle a qui a donné 70 voix au trublion du PS Daniel Jositsch, alors qu’elle promettait de voter pour un candidat officiel.

Mensonge, trahison: les mots sont durs. Et depuis ce week-end, ils s’accompagnent des menaces de rétorsion. Mais à y regarder de plus près, il y a comme une vacuité dans ces polémiques.

Les Verts d’abord. N’ont-ils pas allumé la mèche en laissant planer le doute sur ce qu’ils feraient si leur candidat était élu à la place d’un socialiste? Le parti a aussi montré qu’il savait s’accointer avec la droite, lorsqu’il a fait main basse sur la vice-présidence de la commission d’enquête sur Credit Suisse aux dépens du PS.

Les attaques des socialistes contre la droite sont également malvenues, alors qu’il y a quatre ans, ils ont voté pour la Verte Regula Rytz contre le PLR Ignazio Cassis. Et avant que l’UDC ne menace d’exclure du parti tout membre acceptant son élection alors qu’il n’était pas candidat, le PS ne se gênait pas non plus pour voter en dehors des recommandations officielles.

À gauche, on semble oublier que la politique est une bataille de pouvoir, qui se joue avec des règles – dont le secret du vote fait partie – mais aussi au gré d’alliances dont les géométries varient en fonction de l’enjeu.

Tous ceux qui s’offusquent de coups bas et autres stratégies secrètes doivent se souvenir d’une chose: s’ils siègent à Berne, c’est qu’ils ont éliminé – à la régulière ou non – d’autres candidats. N’en déplaise aux ouins-ouins, la politique n’est pas une affaire de gentils.