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Éditorial
Montreux Jazz, quitte ou double?

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En juillet prochain, le Montreux Jazz retourne au Casino, les poches pleines de sous. Il peut, il a 57 ans, ses inconséquences juvéniles sont derrière lui, il est devenu un solide et précautionneux gaillard qui n’aurait logiquement pas quitté son Centre des Congrès s’il n’avait été poussé (provisoirement) dehors. Mais voilà, les romanciers russes du XIXe siècle comme l’Office fédéral de la santé publique sont formels à ce sujet: le tapis vert n’est pas sans risques.

Le MJF aime les assumer, c’est même là sa force. Le décès accidentel de Claude Nobs, le concert en stade d’Elton John, le Covid… depuis dix ans, le destin du festival a été tout sauf un fleuve tranquille. Pour deux éditions au moins, il doit se réinventer en nomade. Alors il suppléera au Stravinski en déposant une scène géante sur le Léman. Et, donc, retournera dans ce Casino de Montreux qui le vit naître, qu’il quitta, puis retrouva, puis quitta à nouveau.

Moins tape-à-l’oeil

Il faut souhaiter que ces éditions de tous les dangers (deux millions de francs supplémentaires sur un budget de 30) soient aussi celles tous les possibles. Mathieu Jaton a raison de rappeler que l’intimité du Casino tombe pile-poil avec une tendance affirmée, également dans les musiques actuelles, pour des concerts plus virtuoses que tape-à-l’œil, plus intimes qu’anonymes, là où le Lab est une coquille noire où seul l’artiste sur scène peut éventuellement insuffler un bout d’âme.

La configuration hybride du Casino, sa taille, son histoire pourraient paradoxalement faire d’une nécessité une occasion en or de dompter l’avenir. Au contraire de la Scène du lac au gigantisme clairement éphémère, on peut espérer qu’elle survivra à la vadrouille du Jazz en sa ville. Ou plutôt le parier?