Votre navigateur est obsolète. Veuillez le mettre à jour avec la dernière version ou passer à un autre navigateur comme ChromeSafariFirefox ou Edge pour éviter les failles de sécurité et garantir les meilleures performances possibles.

Passer au contenu principal

Éditorial sur les violences dans le football
Face aux hooligans, les politiques sont hors-jeu

Abonnez-vous dès maintenant et profitez de la fonction de lecture audio.
BotTalk

«Maintenant, ça suffit!» Chaque débordement de hooligans est celui de trop. Les images frappent, au moins autant que les supporters violents qui se déchaînent saison après saison dans et autour des stades de football à travers la Suisse.

Le réflexe humain, viscéral, pousse à réclamer une plus grande fermeté envers ces fauteurs de troubles qui salissent ce si beau sport. Les politiciens populistes ou les élus aux ambitions nationales ne se gênent jamais pour jeter de l'huile sur le feu. Ça plaît aux foules de montrer les dents. Tant pis si on ne connaît pas le fond du dossier et qu'on tape à côté.

Fermer des tribunes entières, interdire les supporters visiteurs de déplacements, instaurer des billets nominatifs pour mieux identifier les coupables. L'arsenal de mesures chocs ne manque pas de canons faciles à armer.

Le problème? Ces grandes manœuvres punitives ne fonctionnent pas. De très sérieux chercheurs de l’Université de Berne tirent cette conclusion dans une récente étude sur le sujet. Une répression aveugle et démesurée ne réduit pas le nombre de débordements. Contrairement au dialogue et à la prévention.

La violence des stades est une violence qui touche toute la société. C'est l'aspect populaire et accessible du football qui fait que cette brutalité s'exprime en marges des matches. Un miroir pas très reluisant où il est difficile de se regarder en face.

Si tous les acteurs du milieu (ligue, clubs et supporters) ont des progrès à faire dans ce dossier, les dirigeants politiques devraient résister à la pression populaire, arrêter de crier au loup et de faire des amalgames réducteurs qui plaisent aux électeurs. Les mesures nécessaires existent déjà, il suffit de mieux les appliquer.