Serge Melly, le paysan progressiste proeuropéen

Elections cantonalesLe respecté député-syndic de Crassier vise le Conseil d’Etat sous la bannière de l’Alliance du Centre. L’ex-radical passé à Vaud Libre s’est gauchisé avec le temps.

Image: Jean-Bernard Sieber / ARC

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Foin d’électoralisme! Très éloigné dans la course au Conseil d’Etat, Serge Melly dit ce qu’il pense et se moque de savoir si cela plaira au plus grand nombre. A la radio, l’autre jour, il se déclare favorable à la dépénalisation du cannabis. Et il voterait oui demain à une adhésion de la Suisse à l’Union européenne, «même si la situation de l’UE est catastrophique. Il faut de toute urgence la réformer sinon elle va s’effondrer.»

Atypique

Ce qui rend atypiques ces prises de position, c’est qu’elles émanent d’un paysan de 62 ans, syndic d’un village de 1000 habitants, Crassier. Marié, père de cinq enfants, Serge Melly est candidat sous l’étiquette Vaud Libre, au sein de l’Alliance du Centre. Un ralliement assez récent, car le député, qui siège au Grand Conseil depuis 1998, y a toujours été élu comme radical. C’est la fusion avec les libéraux qui a minorisé ce représentant de l’aile centriste. «Mon parti a changé, mais moi aussi je me suis gauchisé avec les années», sourit-il.

C’est entre les deux tours de l’élection au Conseil d’Etat de 2012 qu’il se décide à quitter le PLR. «On avait collé sur mes affiches le bandeau «Votez Claude-Alain Voiblet». J’avais pourtant demandé une dérogation à mon parti pour que ce ne soit pas le cas.» On ne peut pas suspecter d’accointances avec l’UDC celui qui fut le fer de lance de la régularisation des «523», au mitan des années 2000.

«L’UDC a un rôle à jouer au Grand Conseil comme parti d’opposition, mais n’a rien à faire au Conseil d’Etat»

«L’UDC a un rôle à jouer au Grand Conseil comme parti d’opposition, mais n’a rien à faire au Conseil d’Etat», lance-t-il. Serge Melly semble frontalement attaquer la candidature de Jacques Nicolet. Mais quelle partition peut-il jouer dans cette campagne comme candidat centriste, alors que l’Exécutif actuel gouverne au centre, justement, et a un bon bilan? Le député a une théorie: «Si le canton va mieux qu’en 2012, c’est parce que le Grand Conseil penche à droite et le Conseil d’Etat à gauche, ce qui oblige au compromis. Pour pérenniser cette situation, il vaut mieux avoir trois ministres de gauche, trois de droite, et un centriste.»

L’agriculteur souhaite mettre ses qualités au service du Canton: le pragmatisme et sa longue expérience d’un Exécutif, dix-huit ans de syndicature. L’homme est dur au mal. Pas étonnant pour un marathonien endurci – il en a trente à son compteur – adepte aussi de la haute montagne. «J’ai de l’endurance et de la volonté, il en faut pour être conseiller d’Etat.» (24 heures)

Créé: 16.04.2017, 10h02

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