Le débat présidentiel vaudois est tronqué

Echos de campagneLe leader de la gauche gouvernementale Pierre-Yves Maillard et son alter ego de droite Pascal Broulis ne débattront pas. Le premier est pour, mais le second décline.

Image: Keystone

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24 heures a proposé un débat à Pierre-Yves Maillard et à Pascal Broulis. Le socialiste a répondu «pas de problème», mais le radical n’a pas relevé le gant. Les deux hommes ont été réélus pour la quatrième fois au Conseil d’Etat. Au premier tour et avec 60% des voix. Cette confiance des Vaudois leur permet, de facto, de continuer à jouer les grosses nuques au gouvernement. Ce sont bien eux qui donneront le la de la prochaine législature.

D’ailleurs, la question en filigrane du deuxième tour peut se résumer à qui donner la majorité. La laisser à Maillard ou remettre Broulis à la présidence? Dès lors, il aurait été pertinent d’offrir à nos lecteurs un débat entre ces deux leaders. Le socialiste et le radical ne doivent probablement pas défendre le même projet de société. Que veulent-ils faire si les Vaudois leur confient la majorité? Eh bien, on ne le saura pas clairement. Car il y a des «règles», selon Pascal Broulis: «Je suis élu et donc je ne m’appartiens plus jusqu’à l’assermentation. C’est ça la règle.» Ce qui fait sourire Pierre-Yves Maillard: «Si on participe aux conférences de presse de deuxième tour, c’est qu’on s’engage dans la campagne. Alors on peut débattre tranquillement face à face.»

Le président du Conseil d’Etat fait référence au point presse de la droite où Pascal Broulis a appelé à «casser les crayons». «Moi, j’aime le débat, reprend le socialiste. Cela permet de dépasser les slogans et d’en venir au concret.» Le radical précise sa position: «Je peux soutenir les candidats de droite, mais je ne peux plus me prononcer sur des sujets politiques car je vais devoir faire le programme de législature avec tout le collège gouvernemental, quelles que soient les personnes élues le 21 mai prochain.»

Bon, cela leur fera un sujet de discussion. Car comme l’affirment souvent Maillard et Broulis, les débats en séance du Conseil d’Etat sont nourris. On veut bien les croire, mais ces choses-là se passent derrière des portes closes. Normalement, les campagnes électorales servent de rendez-vous démocratiques où les protagonistes confrontent publiquement leurs idées, leurs projets. Seulement, en terre vaudoise, c’est un peu spécial. Lors de la campagne du premier tour, les principaux candidats de gauche et de droite ont réussi à endormir tout le monde. Ils se sont bornés à nous expliquer qu’ils s’inscrivaient «dans la continuité» du gouvernement. Y compris l’UDC Jacques Nicolet, dont le rôle est de renverser la majorité actuelle, faut-il le rappeler.

Bien sûr, la campagne du deuxième tour offre une tout autre image. La tension entre la socialiste Cesla Amarelle et la Vert’libérale Isabelle Chevalley, notamment, est palpable. Ce qui ne veut pas encore dire qu’il y a un réel débat d’idées. A croire que dans ce canton on peine à faire la différence entre débattre et se battre. C’est tout ou rien. (24 heures)

Créé: 13.05.2017, 12h03

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