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La droite n’est pas encore dans l’opposition

Après avoir échoué une nouvelle fois à reprendre la majorité au Conseil d’Etat, le camp bourgeois cherche quelle attitude adopter au Parlement.

Jean-Paul Guinnard

La prochaine législature vaudoise sera-t-elle un fac-similé de celle qui s’achève? Ou la droite majoritaire au parlement saura-t-elle s’affirmer face au gouvernement rose-vert? Sur le plan comptable, on repart exactement sur les mêmes bases qu’en 2012, soit quatre de gauche contre trois de droite au Conseil d’Etat et un bloc de 81 députés Vert’libéraux (VL), PLR et UDC sur les 150 du Grand Conseil. Mais dimanche soir, après avoir échoué dans leur reconquête du Château cantonal, les barons de la droite avaient le propos offensif. A les entendre, l’ambiance de la prochaine législature serait tout autre que le consensus qui a bercé la classe politique vaudoise ces cinq dernières années. L’alliance du deuxième tour, conclue entre les trois partis, annoncerait une droite parlementaire unie, capable de mener une politique d’opposition. C’est en tout cas le souhait du président du PLR vaudois.

Les vieux routiers parlementaires

Alors, bravade ou signe d’une évolution des mœurs politiques? L’analyse des votes de dimanche donne déjà quelques clés pour se faire un début d’opinion. L’expérience permet aussi de prendre un peu de recul par rapport aux déclarations du moment. C’est donc l’occasion de donner un coup de sonde parmi les vieux routiers de la droite parlementaire. Des députés qui ont connu les législatures conflictuelles au tournant du millénaire, comme les périodes plus consensuelles. «Quand je suis entré en Grand Conseil en 1998, cela ne fonctionnait pas avec le Conseil d’Etat, se rappelle l’UDC Jean-Luc Chollet. Ces cinq dernières années ont bien marché, alors nous n’allons pas commencer à dire que nous voulons que cela fonctionne moins bien.» L’agrarien attribue ces velléités d’opposition à la déception d’un soir d’élection: «A chaud, on exprime quelques grognements.» En revanche, l’agriculteur lausannois pense que l’alliance électorale entre les VL, le PLR et l’UDC indique les prémices d’une reconstruction de la droite vaudoise. «Il s’est passé quelque chose, estime-t-il. Nous avons arrêté de voir les 20% de sujets qui nous divisent et nous commençons à regarder les 80% qui nous unissent.»

Ne pas brusquer la mécanique

Son cousin PLR, le député Philippe Vuillemin ne semble, lui aussi, pas très emballé par ces histoires d’opposition. «La prochaine législature va débuter comme celle-ci se finit, prédit-il. Il y a déjà beaucoup d’objets votés avec cette majorité de droite au Grand Conseil.» Après six législatures, l’élu constate qu’il faut faire attention à ne pas brusquer la subtile mécanique vaudoise: «Les gens de ce canton n’aiment pas les majorités automatiques.»

Dernier partenaire de cette alliance, le Vert’libéral Régis Courdesse pense également que cela «ne va pas changer grand-chose». «Demain (ndlr: ce mardi), la droite sera probablement à l’unisson sur le plan directeur cantonal. Mais nous étions déjà d’accord avant cette alliance, c’est un débat gauche-droite», relève le député. Le cofondateur des Vert’libéraux va même jusqu’à pointer du doigt une autre union: «Ce sont les anciens radicaux et les socialistes qui gouvernent ce canton depuis des décennies. Elle est plutôt là, l’alliance.» Poursuivant cette logique, Régis Courdesse reste perplexe face à une éventuelle politique d’opposition de la droite parlementaire. «Je ne sais pas comment va faire le PLR, qui est un parti gouvernemental, pour aller à l’encontre du Conseil d’Etat.»

Une liberté qui dérange

Durant cette législature, les Vert’libéraux ont voté avec la droite et parfois avec la gauche. «On voyait passer le président du PS devant nous pour aller expliquer aux Vert’lib ce qu’il fallait voter», sourit Philippe Vuillemin. «Le PLR aimerait que nous soyons plus prévisibles, note Regis Courdesse. Notre liberté dérange les grands partis qui pratiquent la discipline de vote.»

Après la surchauffe de la campagne du second tour, Jean-Luc Chollet relativise: «Maintenant, il va y avoir les assermentations, où tout le monde sera content, puis les vacances et après les gens reviendront reposés.»

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