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Un plébiscite pour une dynamique à renouveler

Le doute avait peu de place, il est balayé: le peuple vaudois est content de la dynamique politique qui gouverne son canton. Il a triomphalement adoubé les deux artisans de ce compromis constructif: Pascal Broulis et Pierre-Yves Maillard arrivent main dans la main en tête, intouchables. Ils emmènent un trio «radsoc» (de Quattro, Leuba, Gorrite) tout aussi solide. Des ministres sortants, seule Béatrice Métraux rate de peu la majorité absolue. Sa réélection paraît bien emmanchée.

Dans ce contexte, le pari de la droite de recouvrer la primauté au Conseil d’Etat semble toujours aussi difficile. Jacques Nicolet a fait un meilleur score que prévu, mais la sauce ne prend pas vraiment avec ses alliés du centre droit. Un ticket à deux incluant Isabelle Chevalley? Cette alliance avec les Vert’libéraux a jusqu’ici été clairement refusée par l’UDC – et son candidat ne veut toujours pas en entendre parler. Il est bien tard pour élaborer des points d’accord concrets susceptibles de convaincre.

La nécessité d’un changement de majorité gouvernementale ou parlementaire ne s’est pas imposée aux électeurs. L’équilibre actuel, qui penche à gauche à l’Exécutif et à droite au Législatif, est reconduit. Avec quelques retouches, PLR, Verts et Vert’libéraux gagnant là où le PS et l’UDC lâchent un peu.

«Un gouvernement fort, soudé et pragmatique, des avancées concrètes, les Vaudois en redemandent»

Comparaison n’est pas raison, mais comment ne pas voir le contraste avec la France, où la faiblesse du pouvoir et des partis gouvernementaux donne, sur fond de marasme économique, voie libre au populisme, au «dégagisme».

Mais de ce premier tour aux accents de plébiscite émergent des questions qui occuperont les cinq ans à venir. Le score remarqué de «Toto» Morand, additionné à d’autres candidats qui refusent le système social-libéral, traduit pour une part de l’électorat encore mesurée des aspirations sociales et des craintes de la croissance démographique qu’il faut entendre.

Un gouvernement fort, soudé et pragmatique, des avancées concrètes, les Vaudois en redemandent. La dynamique a ses exigences: des convictions fortes, des règles du jeu précises, des résultats concrets pour chaque camp – et surtout pour la population. Le paquet vaudois de la RIE III en a été le symbole. Quid de l’avenir, avec, quoi qu’il arrive dans trois semaines, une relation interne au gouvernement à rapprivoiser? Porté par une nécessité, l’élan né il y a quinze ans est-il assez fort pour faire face à de nouvelles adversités conjoncturelles? Et que se passera-t-il lors du délitement inévitable de l’équipe en place – dans cinq ans au plus tard, au moins quatre ministres s’en iront? Le plébiscite est là, mais la dynamique n’est jamais acquise. Elle est sans cesse à renouveler.

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