Qui sont les six nouveaux Vaudois qui entrent au Conseil national

Elections fédéralesCe sont des hommes plutôt avec des tempes grises et majoritairement de droite. Ils viennent d’être élus. Portraits.

Sur les 18 sièges vaudois du Conseil national, six seront occupés par de nouveaux arrivants.

Sur les 18 sièges vaudois du Conseil national, six seront occupés par de nouveaux arrivants. Image: Keystone

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Frédéric Borloz
Les banques, les trains et la sécurité
(43'410 voix)

Ces derniers mois, Frédéric Borloz est devenu celui qui a dû diriger un Parti libéral-radical (PLR) qui ne savait pas où il allait. Incapable de décider avant le début juillet s’il devait s’allier ou non avec l’UDC, le PLR s’est donné les verges pour se faire battre. Une situation qui n’a finalement pas porté préjudice à son président. Le député et syndic d’Aigle, entré à la Municipalité en 1998, explique son élection par le travail qu’il effectue: «Il a convaincu les électeurs. Je suis un travailleur, je ne fais pas de théories, et j’essaie d’apporter des solutions consensuelles.»

Ce comptable veut empoigner le dossier de la place financière suisse. «On parle des banques sous la pression internationale, mais ce thème intéresse peu. Il représente 10% à 15% du PIB et donne du travail à l’entier du pays.»

Autres thèmes favoris: les infrastructures – comme président des Transports publics du Chablais – et la sécurité nationale. Défenseur de l’armée de milice, il dit aimer l’ordre et la sécurité, en soutenant une évolution de l’armée. Soulignant qu’il devra travailler un peu sa pratique de l’allemand, il estime qu’il lui suffira de deux semaines pour s’adapter aux discussions bernoises.


Laurent Wehrli
Le notable montreusien qui monte à Berne
(43'066 voix)

Syndic de Montreux et député au Grand Conseil, Laurent Wehrli est le notable radical vaudois par excellence. Il préside, entre autres, la Fédération suisse des sapeurs-pompiers, Pro Familia Suisse et occupe la vice-présidence de l’Office du tourisme vaudois. Des activités qui lui permettent de se sentir très à l’aise en allemand. «Il m’arrive même de rêver en suisse allemand lorsque je passe plusieurs jours outre-Sarine», glisse-t-il.

Sous la Coupole fédérale, Laurent Wehrli souhaite s’investir sur les thèmes de la sécurité, du tourisme et des relations extérieures. «J’ai été durant dix ans le délégué du Canton aux affaires européennes et transfrontalières, rappelle-t-il. J’ai participé à la préparation des accords bilatéraux sur le plan cantonal. Cela laisse des traces.»

Entré au Grand Conseil en 2002, il s’apprête à démissionner de son mandat. «Légalement, le cumul avec le Conseil national est autorisé, mais techniquement cela ne me paraît pas possible», estime Laurent Wehrli. Le Montreusien aura marqué le Parlement cantonal avec son année de présidence en 2013-2014. Il a conduit les débats en plénum avec efficacité et couru un nombre impressionnant de représentations officielles.


Jacques Nicolet
L'agriculteur vainqueur de tous les urbains
(37'283 voix)

«Il y a des personnalités qui sont inexistantes pour les médias, mais qui existent bel et bien dans le parti et sur le terrain, avec un bon réseau.» C’est comme ça que Jacques Nicolet explique son arrivée au Conseil national ce dimanche. Ce député de 50 ans, relativement discret, mais ancien président du Grand Conseil, était sixième sur la liste de l’UDC et a fini 4e. Il a coiffé les trois favoris, tous d’extraction urbaine. Ce député de 50 ans est entré à l’âge de 20 ans en politique. Et est arrivé à la Municipalité de son village de Lignerolle à 28.

A Berne, ce sont les thèmes de l’agriculture et de l’alimentation, mais aussi de la sécurité et des infrastructures, qu’il veut empoigner. «Le libre échange permet d’amener tout et n’importe quoi dans l’assiette du consommateur. Il faut donner à l’agriculteur le juste prix pour ses produits et imposer les mêmes standards de qualité et de traçabilité aux produits suisses et importés.» Plusieurs commissions pourraient lui plaire: économie et redevances, politique de sécurité ou aménagement et énergie. «Je me débrouille pour parler allemand et je le comprends bien. Ça peut rapidement être comblé. Ce n’est pas un souci. J’apprends assez vite.»


Michaël Buffat
Le jeune UDC qui n'est pas agriculteur
(36'142 voix)

A 36 ans, Michaël Buffat se démarque doublement des trois autres élus qui composeront la députation UDC vaudoise à Berne. Il est beaucoup plus jeune et il n’est pas agriculteur.

Ce cadre bancaire de l’Ouest lausannois préside actuellement la Commission des finances du Grand Conseil. Il démissionnera du parlement vaudois une fois le budget 2016 voté. «A Berne, j’aimerais bien siéger à la commission de l’économie et des redevances, car au niveau fédéral, elle est plus importante que celle des finances, relève Michaël Buffat. Mais je pense que le parti va la donner à des parlementaires plus vieux que moi.» A défaut, celle des Institutions politiques pourrait plaire au nouvel élu. «On y traite des thèmes comme l’asile et j’ai envie d’avoir des dossiers exposés politiquement», prévient-il.

Encarté à l’UDC à vingt ans, Michaël Buffat a suivi un parcours politique traditionnel. D’abord conseiller général à Vuarrens, il accède au Grand Conseil en 2007. Son arrivée dans un groupe parlementaire fédéral très largement alémanique ne l’inquiète pas outre mesure. «Cela ne me dérange pas, j’ai beaucoup pratiqué l’allemand à l’armée en tant que fourrier.»


Daniel Brélaz
Un vieux briscard parmi les petits nouveaux
(29'146 voix)

Daniel Brélaz est sans aucun doute le moins «bleu» des nouveaux conseillers nationaux vaudois. «Même si les mœurs du Parlement ont changé, pour moi, ce n’est pas si nouveau que ça», confirme le syndic de Lausanne (65 ans), déjà élu trois fois à la chambre basse (1979, 1983, 2007). Pour son quatrième mandat, le vieux briscard des rouages de la Berne fédérale entend notamment défendre les dossiers «qui risquent d’être mis à mal par le virage à droite du National: l’énergie en tête. Je suis un spécialiste et je peux aider dans le dossier de la transition énergétique», détaille Daniel Brélaz.

Et l’élu d’également citer le climat, les transports, l’économie, la politique migratoire ou encore les bilatérales. Critiqué en 2007 pour son cumul des mandats, le Vert le précise d’emblée: on ne l’y reprendra plus. «Je termine mon mandat à la ville, c’est ma priorité, avant de lancer de grands chantiers à Berne et je quitterai le Grand Conseil en novembre. Il n’y aura pas de double mandat.» Enfin, s’agissant de la langue de Goethe, Daniel Brélaz explique qu’elle lui conviendra bien, après une période d’adaptation. «A condition qu’elle soit bien parlée et pas hachée, comme on l’entend parfois.»


Claude Béglé
Le penseur out of the box pour éviter les idées trop convenues
(12'367 voix)

Face à l’étiolement du Centre au niveau fédéral, Claude Béglé, 66 ans, se donne une première mission: lui rendre plus de cohérence. «Le centre n’est pas qu’un simple jeu arithmétique, mais il faut une meilleure cohésion parmi les petits partis de l’archipel que sont le PBD, les Vert’Libéraux, Vaud Libre, le PEV et l’UDF, bien que le rôle de balancier qu’avait le centre va s’amenuiser», explique l’ancien président du conseil d’administration de la Poste. En tant que nouvel élu, Claude Béglé compte sur les premières séances du National «pour prendre la mesure de la façon dont les choses s’y passent», mais sait déjà quelle sera sa valeur ajoutée: «Je ne suis pas du sérail politique. Les solutions et les idées que j’avancerai ne seront donc pas des solutions prémâchées d’une pensée conforme», glisse celui qui entend ainsi penser out of the box.

Côté grands dossiers, outre l’asile et la transition énergétique l’élu du PDC veut s’impliquer pour les bilatérales. «Je compte également œuvrer pour l’innovation et le développement des start-up et des PME. Un domaine que je connais bien et dans lequel je travaille depuis des années», poursuit le natif de Berne. «L’allemand n’est pas la langue que je maîtrise le mieux, mais je m’en sortirai.» (24 heures)

Créé: 19.10.2015, 19h12

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Un tiers de sang neuf

Quatre de droite, un Vert et un centriste: les «bleus» des parlementaires vaudois

Dimanche, les Vaudois ont souhaité renouveler un tiers de leurs représentants sous la Coupole fédérale. Ainsi, six petits nouveaux feront leur entrée au Conseil national à la session d’hiver. Des nouveaux élus plutôt âgés et pas franchement inconnus, puisque cinq d’entre eux exercent un mandat électif soit dans une grande commune vaudoise, soit au Grand Conseil. Ou même les deux.

Six nouveaux hommes, qui prennent la place de six hommes. Les femmes, elles, restent au nombre de six. Toutes sortantes. A gauche le personnel politique ne bouge pas. A l’exception notable de l’insubmersible Daniel Brélaz. Le Vert historique fait son deuxième retour aux Chambres fédérales. Pour siéger à nouveau à Berne, le syndic de Lausanne pousse hors du parlement fédéral son collègue de parti Christian van Singer.

A droite, en revanche, le visage de la députation au National se modifie. Sur ses neuf représentants, quatre sont des bleus. Les UDC Jacques Nicolet et Michaël Buffat ont profité des places laissées vacantes par André Bugnon et Pierre-François Veillon. En revanche, au PLR, les deux nouveaux arrivant, Frédéric Borloz et Laurent Wehrli ont dû aller chercher leur élection avec les dents. Le PLR a gagné un cinquième strapontin. Et le sortant Fathi Derder pourra revoir les lambris du Conseil national uniquement si Olivier Français est élu aux Etats. Il retrouverait alors son siège comme vient-ensuite.

Au centre, le sexagénaire Claude Béglé (PDC) s’installe dans le fauteuil de l’octogénaire Jacques Neirynck. Après plusieurs échecs, il décroche son premier mandat et devient l’homme fort du PDC vaudois.

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