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Pourquoi les affiches électorales sont si moches

La plupart des visuels de campagne sont banals et d’une laideur affligeante. Un désastre graphique érigé en tradition. L’éclairage de Gianni Haver, sociologue de l’image à l’UNIL.

Fabienne Despot sous-exposée, cernée, détourée à la hache et maladroitement juxtaposée à son collègue rouge pivoine Michaël Buffat sur fond flou bucolique: une chose est sûre, l’UDC vaudoise n’a pas abusé de Photoshop ni payé grassement un photographe pour convaincre. Dans la course au parlement fédéral, c’est sans doute l’affiche la moins léchée de toutes. Est-ce si grave? A entendre Gianni Haver, sociologue de l’image, l’esthétique n’est pas le premier souci des partis. Ni l’originalité. La fonction de l’affiche électorale n’est pas de surprendre, ni de bousculer. Elle agit comme «une simple piqûre de rappel», véhiculant un message rudimentaire: voilà les visages des femmes et des hommes en lice pour le 18 octobre prochain.

D’où l’impression de déjà-vu qui se dégage des enfilades de trombines qui transfigurent l’espace public. «L’affiche électorale évolue très peu. C’est un rituel qui remplit pratiquement le même rôle depuis l'après-guerre. Les codes sont basiques et connus: un sourire, un regard décidé, un décor champêtre ou urbain, un logo, un slogan. Ces éléments sont communs à quasi tous les partis.»

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