Déçus du système, trois petits partis apparaissent

Elections fédéralesVoter blanc, Ecopop et les Indépendants font leur apparition. Point commun de leur discours: les partis traditionnels font fausse route.

De g. à dr.: Jean-Luc Berkovits, de la Liste du vote blanc, Anita Messere, d’Ecopop, et Bernard Antoine Rouffaer, des Indépendants vaudois.

De g. à dr.: Jean-Luc Berkovits, de la Liste du vote blanc, Anita Messere, d’Ecopop, et Bernard Antoine Rouffaer, des Indépendants vaudois. Image: VANESSA CARDOSO - PHILIPPE MAEDER

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Ils ont un point commun: de près ou de loin, tous sont des déçus de la politique à la sauce 2015, les grands partis traditionnels faisant fausse route. De qui s’agit-il? Des trois petits partis qui sont apparus dans le canton de Vaud spécialement pour les prochaines élections fédérales. C’est-à-dire la Liste du vote blanc, Ecopop et les Indépendants vaudois. Au total, ils représentent 26 des 326 candidats vaudois au Conseil national. Il y a quatre ans, ce type de petites formations politiques avait enregistré un résultat cumulé de 1,68%. Autant dire que leurs chances sont quasi nulles.

Ecopop
Face à ce chiffre, Anita Messere – tête de liste d’Ecopop, abréviation d’Ecologie et Population – ne s’inquiète pas. Ce qu’elle vise, c’est 17% des Vaudois, c’est-à-dire la proportion qui avait dit oui l’an dernier à l’initiative «Halte à la surpopulation» lancée par Ecopop au niveau fédéral. Le parti vise l’électorat sensible à la préservation des ressources et du territoire, ainsi qu’aux problématiques à long terme.

Au total, Ecopop compte une vingtaine de candidats sur l’ensemble de la Suisse, dont onze dans le canton de Vaud. Sur ce chiffre, on trouve deux femmes, trois universitaires et quatre enseignants. Leur moyenne d’âge est de 46,7 ans. «L’une de nos difficultés a été de recruter des candidats qui ne sont pas xénophobes, analyse Anita Messere. En appelant à limiter l’immigration, nous ne faisons pas partie des frustrés au discours xénophobe.» Son budget de campagne personnel est de 15'000 francs, mais elle prévoit de n’en utiliser que 10'000.

En tentant l’aventure du Conseil national, le but reste identique à l’initiative: une population maîtrisée, une réduction drastique de l’immigration et une consommation d’énergie responsable. «Une croissance quantitative à court terme nous mène vers un environnement saturé», explique Anita Messere. Elle pointe du doigt la promotion des économies d’énergie, alliée à une politique économique qui fait s’installer de gros consommateurs d’électricité.

Liste du vote blanc
Ce ne sont en tout cas pas les candidats de la Liste du vote blanc qui vont se positionner sur ces questions. Avec une moyenne d’âge de 32 ans, ils sont onze, dont deux femmes et un universitaire. Le parti présente également deux candidats au Conseil des Etats, avec un seul et unique but: que les votes blancs soient comptabilisés dans les résultats des votations et des élections. Le mouvement a été créé à l’étranger et est arrivé en Suisse en 2012. Il est principalement actif à Neuchâtel, avec aussi des candidats au National et aux Etats.

«Quand quelqu’un vote blanc, son bulletin est considéré comme non valable, avec les bulletins nuls et illisibles, alors même qu’il fait gonfler le chiffre de la participation», explique Jean-Luc Berkovits, tête de liste au Conseil national et candidat aux Etats. «Si les votes blancs étaient pris en compte lors des votations, nous pourrions aboutir à un réel droit de veto populaire, dans le cas où plus de 50% des participants votaient blanc», ajoute-t-il.

En cas d’élection au Conseil national, les candidats du Voter blanc voteraient systématiquement blanc, sauf pour faire reconnaître le vote blanc. Pour Jean-Luc Ber­kovits, ce n’est pas le vote des indécis. Il utilise le terme de «contestataires».

Les Indépendants vaudois
Quant aux Indépendants vaudois, ils utilisent les termes de «déçus des autres partis» pour se qualifier, selon l’un de leurs principaux candidats, Bernard Antoine Rouffaer. Cet écrivain est un ancien membre du Parti vert’libéral, «qu’ont quitté tous ceux qui avaient des idées innovantes». Les Indépendants vaudois comptent quatre candidats (moyenne d’âge: 49,3 ans), dont une femme. Parmi eux se trouve François Meylan, qui a claqué la porte de Vaud Libre, après avoir été notamment secrétaire général du Parti démocrate-chrétien de 2012 à 2013.

Le programme des Indépendants vaudois tient sur plus de 100 pages. Avec une perspective écologique, ils se disent plus ouverts aux problématiques de gauche que les Vert’libéraux. «Notre programme se rapproche des Vert’libéraux à la sauce alémanique», explique Bernard Antoine Rouffaer.

Pêle-mêle, leur programme regroupe la défense des bilatérales, la facilitation de l’accès aux études universitaires, l’allégement bureaucratique pour les entreprises et le soutien à la classe moyenne. «Tous les Etats qui ont maltraité leur classe moyenne ont périclité, estime Bernard Antoine Rouffaer. Ça a été le cas avec l’Empire byzantin au XIe siècle.»

Créé: 08.09.2015, 09h29

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