Foncia aide son président Béglé à payer sa campagne

Élections fédéralesLa régie immobilière verse 20'000 francs au candidat du PDC. Celui-ci se défend de tout conflit d’intérêts.

Claude Béglé, candidat du Parti démocrate-chrétien au Conseil national et au Conseil des Etats, et président du conseil d’administration de Foncia Switzerland.

Claude Béglé, candidat du Parti démocrate-chrétien au Conseil national et au Conseil des Etats, et président du conseil d’administration de Foncia Switzerland. Image: Florian Cella

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Tous deux le promettent: c’est une question d’amitié, mais pas de business ou de lobbyisme déguisé. Le groupe immobilier Foncia participe à hauteur de 20'000 francs à la campagne de Claude Béglé, candidat au Conseil national et au Conseil des Etats pour le Parti démocrate-chrétien vaudois.

Ce type de soutien est classique à droite, mais le cas de Claude Béglé est particulier, car il est lui-même président du conseil d’administration de Foncia Switzerland. Selon un document interne au Parti démocrate-chrétien (PDC) que 24 heures a pu consulter, Claude Béglé perçoit également des fonds d’autres sociétés dont il est proche. C’est le cas de Cotecna, à Genève, active dans les services de test, d’inspection et de certification, et dont il a été membre du conseil d’administration. Elle lui a promis 20' 000 francs.

Quant à Synova, où il siège actuellement, elle devrait le sponsoriser à hauteur de 5000 francs. Cette entreprise d’Ecublens fournit des systèmes de découpe au laser. Au total, sur un budget de 115'000 francs, Claude Béglé en reçoit 50'000 de soutiens privés, dont ces trois sociétés.

Banques et cigarettier

«Il n’y a aucun conflit d’intérêts, à partir du moment où il n’y a pas d’échanges prévus entre ces sociétés et moi, estime Claude Béglé. C’est clair: je garde ma totale indépendance, je ne suis ni vendu, ni acheté, ni redevable. En outre, ces entreprises ne sont pas mes propres sociétés.» Et de souligner qu’il est dans l’intérêt d’une entreprise de compter un élu dans son conseil d’administration.

A l’interne du parti, c’est aussi le profil des sponsors potentiels qui choque. Le document consulté par 24 heures et daté de fin août mentionne que Claude Béglé a aussi approché – sans obtenir de réponses – des banques, des cliniques, des entreprises médicales et agroalimentaires ainsi qu’un cigarettier. Toutes ces entreprises sont-elles en phase avec la ligne du PDC? Claude Béglé botte en touche: «J’ignore ce que font les autres candidats démocrates-chrétiens dans ce domaine.»

Administrateur-délégué de Foncia Switzerland, Christophe Martignoni précise que son entreprise ne fait pas de politique et qu’il y voit une participation au débat politique en général. «Notre soutien à Claude Béglé n’est pas dû à sa position de président, mais à l’amitié de longue date, antérieure à sa nomination.» Il loue aussi les valeurs humaines de Claude Béglé, qui «tend à faire s’entendre les partis du centre».

«Nous n’avons aucune consigne de vote et plusieurs de nos collaborateurs sont actifs en politique locale, dans divers partis», ajoute Christophe Martignoni. Et de souligner que, sur un chiffre d’affaires de 40 millions de francs, Foncia en verse 200'000 au monde associatif et sportif.

Coprésident du PDC vaudois, Axel Marion prend la défense de Claude Béglé. «Il a été honnête et transparent à l’interne. Notre parti tolère cette pratique dans la mesure où ces entreprises correspondent à nos valeurs.» Et si Claude Béglé obtenait un soutien d’un cigarettier? Axel Marion avoue une certaine gêne à cette idée.

Colistier de Claude Béglé au Conseil des Etats, le conseiller national Jacques Neirynck note que son collègue est dans son droit. «Je ne porte pas de jugement, note-t-il. Par contre, je déplore le système en général, où la loi ne réglemente pas les dépenses électorales, ce qui fausse le jeu politique.» Lui-même verse 5000 francs à la campagne du parti.

Pas d’habitudes des régies

Quelles sont les habitudes politiques des milieux immobiliers? Olivier Feller assure qu’il n’y en a pas. Le directeur de la Chambre vaudoise de l’immobilier (CVI) est également conseiller national libéral-radical. «Le financement des campagnes est une affaire privée, estime-t-il. Chaque entreprise et chaque candidat sont libres, dans les limites de la loi.»

La pratique irrite néanmoins la gauche, fermement opposée au financement privé et anonyme des campagnes électorales. Pour Stéphane Montangero, président du Parti socialiste vaudois, le cas de Claude Béglé illustre que le besoin de transparence et de plafonnement des frais de campagne. «Il faut savoir qui a un fil à la patte. Les employés des trois sociétés qui soutiennent Claude Béglé apprécieront la nouvelle en cas de difficultés financières.»

Créé: 14.09.2015, 21h39

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