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Conseil fédéralGuy Parmelin élu car le «plus fréquentable»?

La collégialité semble donc avoir fait figure de critère numéro un pour le choix du successeur d'Eveline Widmer-Schlumpf.

La semaines à venir ne seront pas de tout repos pour le nouveau conseiller fédéral, Guy Parmelin. (Jeudi 10 décembre 2015)
La semaines à venir ne seront pas de tout repos pour le nouveau conseiller fédéral, Guy Parmelin. (Jeudi 10 décembre 2015)
Keystone
Le nouveau Conseil fédéral a prêté serment devant l'Assemblée. On reconnaît Johann Schneider-Ammann, Alain Berset, Guy Parmelin et le nouveau Chancelier Walter Thurnherr. (Mercredi 9 décembre 2015)
Le nouveau Conseil fédéral a prêté serment devant l'Assemblée. On reconnaît Johann Schneider-Ammann, Alain Berset, Guy Parmelin et le nouveau Chancelier Walter Thurnherr. (Mercredi 9 décembre 2015)
Keystone
L'assemblée fédérale doit également élire un successeur à la chancelière fédérale Corinna Casanova qui a annoncé son départ.  (Mercredi 9 décembre 2015)
L'assemblée fédérale doit également élire un successeur à la chancelière fédérale Corinna Casanova qui a annoncé son départ. (Mercredi 9 décembre 2015)
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C'est parce qu'«il paraissait plus fréquentable que les autres candidats» que Guy Parmelin a été élu mercredi au Conseil fédéral, estime Pascal Sciarini. Le politologue de l'Université de Genève émet «quelques craintes» quant aux qualités managériales du démocrate du centre vaudois.

«Bien que s'étant passablement droitisé ces dernières années, Guy Parmelin était la personne qui donnait le plus de garanties en matière de respect de la collégialité et du consensus», a précisé l'observateur lors d'un entretien avec l'ats. «En quelque sorte, il paraissait plus fréquentable» que Thomas Aeschi et Norman Gobbi.

La collégialité semble donc avoir fait figure de critère numéro un pour le choix du successeur d'Eveline Widmer-Schlumpf. «J'ai l'impression que l'UDC a sous-estimé son importance. Et qu'à l'inverse, elle a surestimé les chances de son candidat alémanique Thomas Aeschi.» De l'avis de Pascal Sciarini, s'il voulait absolument faire élire un germanophone, le parti «aurait mieux fait de proposer un candidat tel que Heinz Brandt».

Même si le nouvel élu semble présenter, aux yeux des parlementaires, des dispositions acceptables en matière de collégialité, «il va de soi qu'avec deux UDC au Conseil fédéral, la défense des bilatérales sera encore plus difficile». D'autant qu'il y a collégialité et collégialité: sans ouvertement s'élever contre un dossier, un ministre«peut très bien se contenter de faire le service minimum».

Effet boomerang de la clause d'exclusion

Au vu des commentaires suivant l'élection de Guy Parmelin, «on a un peu le sentiment que le Parlement a élu le moins mauvais» des trois UDC proposés par leur parti, constate le politologue genevois. «J'ai moi-même de la peine à m'enthousiasmer pour ses capacités managériales et créatives.»

«J'ai également des inquiétudes au niveau des compétences linguistiques» du Vaudois, confie Pascal Sciarini. «Quand on maîtrise mal l'anglais et qu'on doit aller défendre un dossier important à Bruxelles, cela peut sérieusement porter à conséquence.»

Revenant par ailleurs sur l'enthousiasme du président de l'UDC quant à la clause d'exclusion du parti - qui a garanti selon Toni Brunner le succès de l'élection de mercredi -, Pascal Sciarini nuance. «Certes, elle a peut-être facilité les choses cette fois-ci. Mais elle aurait aussi pu leur revenir à la figure, par exemple si le PDC et/ou le PLR avait accepté d'entrer en matière sur un candidat du centre.»

Une concordance toute relative

Autre terme qui était sur toutes les lèvres mercredi, la question de la concordance laisse le politologue songeur. «Certes, avec l'accession d'un deuxième UDC au gouvernement, on retrouve une concordance arithmétique. Mais on est loin de la concordance politique!» En effet, «cela m'étonnerait que ce second fauteuil adoucisse le parti.»

Loin de retrouver un «climat serein de formule magique à l'ancienne», la Suisse se dirige au contraire vers «un système de consensus à géométrie variable». D'après le spécialiste, «on pourrait très bien se retrouver dans 4 ans déjà dans la même situation qu'en 2011».

ats

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