Guy Parmelin reprend la Défense, Maurer aux Finances

Conseil fédéralRocade au Conseil fédéral: le nouvel élu vaudois reprend la Défense que gérait jusqu'ici Ueli Maurer. Celui-ci prendra la tête des Finances. Une première pour l'UDC.

La répartition des départements fédéraux a eu lieu vendredi à Berne.

La répartition des départements fédéraux a eu lieu vendredi à Berne. Image: Keystone

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Le Vaudois Guy Parmelin sera ministre de la défense dès le 1er janvier. Son collègue de parti zurichois Ueli Maurer lui a cédé ce portefeuille vendredi pour rependre les Finances, un département qui n'avait jamais été dirigé jusqu'ici par un UDC.

Tous les autres ministres conservent leur dicastère, a annoncé Simonetta Sommaruga en préambule à une conférence de presse sur un autre sujet à Berne. La présidente de la Confédération a indiqué que sur les 6 ministres sortants, 5 avaient voulu conserver leur département. Seul Ueli Maurer a émis le souhait de reprendre les Finances.

Quant au nouveau venu vaudois, il a indiqué être intéressé par 3 départements, dont celui de la Défense, a confié la Bernoise devant la presse. «La situation était donc claire et sans conflit», a-t-elle souligné en français ainsi qu'en allemand. «La séance s'est faite de manière courte, collégiale, et en respectant la concordance», a-t-elle encore indiqué.

Aucun UDC ne voulait le DFJP

Ni Ueli Maurer, ni Guy Parmelin n'ont demandé à obtenir le Département fédéral de justice et police (DFJP). Simonetta Sommaruga a songé à la quitter, mais de nombreux arguments l'ont poussée à rester en place. «Je suis fière d'être ministre de la justice et de le rester».

Elle a remis en question l'argument de ceux qui estimaient qu'il fallait céder ce dicastère à un UDC pour que ce parti prenne ses responsabilités. Un conseiller fédéral n'est pas uniquement responsable du département qu'il dirige mais pour tout le gouvernement. Selon Simonetta Sommaruga, beaucoup d'autres arguments ont plaidé pour qu'elle reste au DFJP. Elle a pu instaurer un très bon climat de travail dans ce département et avec les chefs d'office. Le DFJP est un des dicastères qui a connu le plus de changements ces dernières années et il a besoin de continuité.

Enfin, il reste beaucoup de dossiers que la socialiste souhaite continuer de traiter comme l'asile, l'application de l'initiative contre l'immigration de masse, le droit des étrangers et des sujets de société. La ministre a aussi plaidé pour le respect de l'Etat de droit.

Tant Ueli Maurer que Guy Parmelin tiendront un point presse à 15h30, a annoncé le porte-parole du COnseil fédéral, André Simonazzi:

Un caporal à la tête de l'armée

Guy Parmelin s'était dit ouvert à tous les départements. A ceux qui pointaient du doigt son manque d'expérience de direction, le viticulteur vaudois a maintes fois répété qu'il avait été caporal. Il s'agira désormais pour Guy Parmelin, en tant que chef du Département de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS), de porter la réforme de l'armée à son terme.

Le paquet semble sur le point d'être bouclé au Parlement mais butte encore sur le financement essentiellement. Le National, qui veut des garanties que les cinq milliards de francs par année exigés pour l'armée ne s'évaporent pas, a adopté parallèlement un plafond de dépense de 20 milliards pour 2017 à 2020. Le Conseil des Etats, moins porté sur les coups d'éclat symboliques, doit encore se prononcer.

Au nouveau ministre de la défense également de redorer le blason de l'armée et de défendre les différents programmes d'armement prévus les prochaines années entre autres pour pallier le refus par le peuple d'acheter des avions de combat Gripen. Guy Parmelin mènera aussi les travaux sur une réforme attendue de l'obligation de servir.

Services secrets

Le Vaudois sera très vraisemblament appelé à défendre devant le peuple la nouvelle loi sur le renseignement. Un référendum de gauche a été lancé contre ce projet qui vise à attribuer davantage de moyens aux agents de la Confédération en matière de surveillance. Il devra aussi gérer ce service, maintes fois décrié ces dernières années et dont le rôle pourrait prendre de l'importance avec la menace terroriste.

La défense est une vieille chasse gardée de l'UDC. Le premier conseiller fédéral de ce parti, Rudolf Minger, a dirigé ce département de 1930 à 1940. Ce fut le cas également de Rudolf Gnägi de 1968 à 1979. Adolf Ogi a repris le flambeau en 1995. Depuis, aucun autre parti n'a dirigé le DDPS. Si ce n'est le PBD pendant un an, Samuel Schmid n'ayant pas terminé sa carrière comme démocrate du centre.

Premier ministre UDC des finances

Au Département des finances, c'est une nouvelle page de l'histoire qui se tourne. Depuis 1960, le département des finances a été dirigé pendant 26 ans et demi par le PLR, 16 ans par le PS, 8 ans et demi par le PDC et 5 ans par le PBD.

Contrairement à Eveline Widmer-Schlumpf, Ueli Maurer n'est pas un spécialiste de la finance internationale même s'il est comptable. Le démocrate du centre devra s'entendre avec le chef socialiste de l'Admnistration fédérale des finances Serge Gaillard et avec le Secrétaire d'Etat aux questions financières internationales Jacques de Watteville.

Votation le 28 février

Secret bancaire, programme d'économies, imposition des entreprises: la Grisonne laisse de lourds dossiers à son successeur. Le nouveau ministre des finances devra se jeter à l'eau rapidement car le peuple se prononce le 28 février sur l'imposition des couples.

Le grand argentier devra appeler à son rejet comme le Parlement l'a voulu. Quelle que soit l'issue de la votation, il faudra trouver une solution pour l'imposition. Plusieurs ministres des finances s'y sont déjà cassé les dents.

Premières armes

Ueli Maurer n'est pas le premier conseiller fédéral à faire ses premières armes à la défense avant de reprendre un département plus ambitieux. Le radical Nello Cellio a suivi ce parcours: armée de 1967 à 1968 puis finances jusqu'en 1973. Le radical Jean-Pascal Delamuraz a dirigé la défense de 1984 à 1986 avant de passer à l'économie.

Idem du PDC Arnold Koller qui s'est occupé des affaires militaires de 1987 à 1989 avant de reprendre le Département fédéral de justice et police. Même début de carrière de 1989 à 1995 pour le radical Kaspar Villiger qui s'est ensuite fait un nom comme ministre des finances.

A l'inverse, l'UDC Rudolf Gnägi, le radical Georges-André Chevallaz et l'UDC Adolf Ogi ont dirigé un autre dicastère avant de s'occuper de l'armée.

(ats/nxp)

Créé: 11.12.2015, 14h22

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Une petite rocade plus conforme à l'usage

En opérant une petite rocade, le Conseil fédéral revient à une pratique assez courante. Il y a quatre ans aussi, seuls deux départements avaient changé de mains, le socialiste Alain Berset reprenant le Département de l'intérieur (DFI) des mains du libéral-radical Didier Burkhalter passé aux Affaires étrangères.

En 2010, le gouvernement avait en revanche surpris son monde en redistribuant quatre dicastères du jamais, vu depuis 1960. La socialiste Simonetta Sommaruga s'était vu imposer Justice et Police et le libéral-radical Johann Schneider-Ammann avait hérité de l'Economie.

La démocrate-chrétienne Doris Leuthard avait repris le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC) et la PBD Eveline Widmer-Schlumpf les Finances.

De 1960 à fin 2002, les rocades n'ont concerné qu'au plus trois dicastères. Comme cela a été le cas la dernière fois lorsque la socialiste Micheline Calmy-Rey s'est retrouvée aux Affaires étrangères.


Le radical Pascal Couchepin avait repris le DFI des mains de Ruth Dreifuss et et laissé l'Economie au chef démocrate-chrétien de la diplomatie Joseph Deiss. Puis, de 2003 à 2010, les nouveaux venus se sont contentés du dicastère laissé vacant.

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