AboÉlections fédéralesBlues, fatigue et septicémie: une sacrée fin de campagne
Les résultats du 1er tour des élections fédérales tombent dimanche. Fatigués, impatients, convalescents ou reconnaissants, quatre élus se confient.

Ce dimanche, pour certains, c'est la fin d'une campagne qui a parfois commencé il y a un an, avant de s'intensifier ces dernières semaines. Pour d'autres, il faudra sans doute rempiler pour un second tour. Des moments intenses politiquement, mais aussi humainement. Dans cette dernière semaine de campagne, plusieurs candidats, choisis par la rédaction, ouvrent leurs agendas et leurs états d’âme.
Daniel Ruch (PLR): «Un peu plus et je laissais la place à un autre»

«Pour moi, c'est simple, la dernière semaine de campagne, je la passe à l'hôpital… Une infection à mon pied s'est transformée en septicémie et les médecins m'ont dit que je n'étais pas passé loin. J'ai toujours dit que le plus important était de faire les sièges et de ne pas penser à qui les occupera. Mais là, c'est encore plus vrai. Un peu plus, et je laissais de la place pour un autre… (rires). Mais ça va, je suis bien entouré, on s'occupe bien de moi. Des gens m'écrivent pour me dire qu'ils ont voté deux fois pour moi, ça fait plaisir! J'essaie de faire ce que je peux. À ce stade, il faut dire aux gens d'aller voter, c'est le plus important. Il n'y a plus grand-chose à faire, on sera jugé sur le travail qu'on a fait en amont, pas sur les trois derniers jours. Mais c'est clair que dans des moments comme ceux-ci, il y a toutes les choses qui passent par la tête. On se demande si on a fait les bons choix… Une campagne, c'est un énorme investissement, également financier et mental. On verra samedi si les médecins me laissent aller au stamm organisé à Corcelles-le-Jorat. Voilà, quoi.»
Jacqueline de Quattro (PLR): «Le travail parlementaire ne s'arrête pas»

«Mon agenda s'allège un peu, enfin. Il n'y a plus beaucoup de stands et d'évènements. On s'est réparti les efforts entre nous, mais c'était des semaines intenses, durant lesquelles nous avons été sur le terrain pratiquement tous les jours, à travers tout le canton, à la rencontre de la population, pour entendre ses préoccupations. Si l’on veut défendre les Vaudois au Conseil national, c'est indispensable. Je passe moins de temps à mon étude d’avocats. J’essaie de bloquer du temps pour ma famille, pour faire du sport, histoire de garder des forces pour la suite. Parce que le travail parlementaire ne s'arrête pas dimanche. Il y a toujours des commissions, de nombreuses sollicitations médiatiques tous les jours, aussi en Suisse allemande et au Tessin… Le plus difficile reste de trouver du temps pour se documenter et pour les réflexions de fond. Or, l’actualité internationale est très préoccupante. La dernière session, nous avons dû gérer une crise après l’autre. De gros dossiers se profilent déjà pour la suivante et il faut bien se préparer.»
Raphael Mahaim (Vert): «J'ai enfin pu prendre une journée en famille»

«La dernière semaine est peu moins chargée. J'ai enfin pu prendre quelques rendez-vous pour le boulot et rejoindre ma famille, qui est en vacances, pendant un jour et demi, sans doute ma seule pause entre cet été et Noël, à peine le temps de relâcher un peu la pression et d'attraper un rhume… Cela dit, il y a encore eu des distributions de tracts à l'aube, une action avec ma grande affiche, des séances pour préparer le deuxième tour, et l'intervention urgente, avec les Avocat·e·s pour le climat, pour les travaux sur le glacier de Zermatt! Au final, c'est éprouvant, oui. Je savais dans quoi je me lançais, mais c'est le moment où on se rend compte de tous les sacrifices accumulés. Je me rends aussi compte de cette charge mentale qui pèse sur les candidats seuls: qu'est-ce qu'on va dire dimanche, suivant le résultat? Comment se positionner? Quels mots utiliser? En regardant en arrière, je ne vois pas où j'aurais pu m'investir plus, nous avons vraiment bossé comme des fous, été partout dans le canton et rencontré des gens formidables. Mais pour l’écologie, il faut voir les choses en face, et ça, c'est un grand regret: nous avons eu de la peine, dans la dynamique de la campagne, à mettre l'urgence d'agir au premier plan.»
Jessica Jaccoud (PS): «Des grands moments de solitude malgré tout»

«En fait, la dernière semaine est paradoxalement assez légère: nous n'avons pas à planifier la suivante. Personnellement, j'ai presque l'impression d'être un enfant qui attend Noël, mais avec les résultats du 1er tour. Le suspens remplace la pression de la campagne. Le fait d'en avoir déjà fait une avant m'a apporté beaucoup. Une campagne, c'est un marathon: il faut savoir comment tenir le coup tout en travaillant à côté; nous restons des miliciens. Je conseille vraiment à tout le monde de garder des moments en famille, de s'interdire de parler politique ce samedi dès midi. On en a besoin parce que, dans mon cas, cette campagne voulait dire environ un millier de kilomètres de déplacement par semaine, des grands moments collectifs et de grands moments de solitude malgré tout, quand on a commencé à l'aube et qu'on finit à 23 h avec le cerveau qui va encore à 100 à l'heure et qu'il faut recommencer le lendemain… À J-2, je me dis qu'on a atteint le maximum de nos objectifs. On peut être fier de ce qu'on a fait, quoi qu'il advienne.»
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