Élections fédéralesNon aux débats politiques dans les lieux de formation
Les débats contradictoires en période électorale contreviennent à la neutralité de l’enseignement, selon le Département. Pourtant, ils se pratiquent de longue date dans le canton.

La campagne pour les élections fédérales doit-elle se tenir loin des lieux de formation? Le Département répond par l’affirmative. Auparavant la question ne se posait pas. Mais le 26 juin dernier, les candidats de gauche au Conseil des États, Pierre-Yves Maillard (PS) et Raphaël Mahaim (Les Verts), se sont adressés par écrit au ministre des Écoles, Frédéric Borloz, pour lui demander de faciliter l’organisation de débats contradictoires dans les établissements (écoles professionnelles, gymnases, etc.)
Dans leur lettre, les deux candidats rappelaient que les jeunes participent moins que les autres générations aux élections. Ils précisaient également que «ces débats devraient être organisés en respectant la liberté d’opinion de chacun, l’équilibre des forces politiques en présence et la diversité des profils de candidats».
«De tels débats, même contradictoires, ne seraient pas conformes à l’interdiction de toute propagande politique auprès des élèves.»
À son tour, Frédéric Borloz a pris sa plume le 8 août pour leur indiquer que leur demande «se heurterait à la loi sur l’enseignement obligatoire, applicable également dans l’école postobligatoire et notamment, à l’obligation de neutralité de l’enseignement». Le chef du Département de la formation estime que «de tels débats, même contradictoires, ne seraient pas conformes à l’interdiction de toute propagande politique auprès des élèves» prévue par la loi, puisqu’ils se tiendraient dans le cadre d’une campagne électorale.
«Ces débats sont courants dans les lieux de formation. J’en ai déjà fait des dizaines par le passé.»
La réponse du conseiller d’État a «stupéfait» les deux candidats de gauche. Ils se sont adressés une nouvelle fois au ministre, le 17 août: «Le but de notre démarche était de solliciter votre appui pour l’organisation de tels débats et non de vous demander s’ils étaient autorisés.» «Ces débats sont courants dans les lieux de formation, ajoute Raphaël Mahaim. J’en ai déjà fait des dizaines par le passé. Pour cette campagne, j’ai déjà reçu quatre invitations pour débattre dans des lieux de formation.»
Pour les deux colistiers de gauche, l’approche du conseiller d’État est non seulement en porte-à-faux avec la libre formation de l’opinion chez les jeunes et la liberté d’expression, mais elle est aussi contraire à ce qui se pratique de longue date dans le canton et le pays.
Le président du Parti socialiste vaudois, Romain Pilloud, juge l’interprétation de la loi que fait Frédéric Borloz beaucoup trop rigoriste: «Cela crée un précédent.» Si le chef du Département de la formation n’assouplit pas sa position sur le sujet, le président du PS interviendra au Grand Conseil.
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