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Éditorial«Elles n’ont qu’à se rhabiller!» Certes non.

«C’est une tenue pour aller à l’école, ça?» J’avoue. Je peux m’imaginer lancer cette phrase, un jour, à la table du petit-déjeuner. À choix, ce sera à la vue d’un tee-shirt orné d’une feuille de cannabis ou à cause d’un short si court qu’il a tout l’air d’un sous-vêtement. «Mais quel est le problème avec ce short?» demandera peut-être l’adolescente incriminée. J’avoue que j’aurais bien du mal à le dire.

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Dans les écoles vaudoises, c’est la loi qui impose le port d’une tenue «décente» aux élèves, et non les sensibilités parentales. Charge aux enseignants de juger, dialoguer, voire sévir. Une gageure. Jusqu’ici, les autorités scolaires ont pu faire l’économie d’une réflexion de fond pour les aider dans cette tâche. Pourquoi discuter quand un tee-shirt extra-large suffit pour cacher les corps, ceux des filles en particulier? Pour se préserver des regards et des insultes, elles n’ont qu’à se rhabiller.

«Peut-on s’élever contre la sexualisation du corps des femmes et cesser de réglementer la tenue des adolescentes? Oui»

Il est temps de réaliser que la solution au «problème du short» n’est pas là. Car y a-t-il vraiment un problème avec les shorts trop courts, les crop tops et les décolletés? Les élèves qui ont protesté ces dernières semaines contre la pratique du «tee-shirt de la honte» ne disent pas autre chose: ce n’est pas à elles de se cacher. Et elles ne veulent plus s’entendre dire que c’est pour leur bien.

Peut-on s’élever contre la sexualisation du corps des femmes et cesser de réglementer la tenue des adolescentes? Oui. À l’école comme ailleurs, remplacer la sanction et l’humiliation par le dialogue n’est jamais la voie facile et ne donne pas de résultats immédiats. Mais y a-t-il urgence à couvrir des ventres exposés par des crop tops? Les priorités doivent changer. Il est grand temps de marteler que quelle que soit la manière dont une femme est habillée, elle ne cherche ni à se faire insulter ni à se faire agresser.

22 commentaires
    H. Giot

    ce n'est pas tellement une question de nudité ou de sexualité, mais de savoir vivre !