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AboEnquête et arrestations à Genève
Un réseau de trafiquants de drogue démantelé à Meyrin

La police a découvert dans deux appartements genevois de la marijuana, des pilules d’ecstasy, de la cocaïne mais aussi des armes et des liasses de billets de banque.  Photo d’illustration
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La Brigade des stupéfiants enquête sur un important trafic de drogue international à Genève. La «Tribune de Genève» a appris que cinq personnes ont été interpellées à la fin de cet été et qu’un sixième suspect se retrouve également sous les verrous depuis cette semaine. Ce dernier a été interpellé mercredi à Genève, selon des témoins présents. Pour l’occasion, les forces de l’ordre ont mobilisé un impressionnant dispositif, composé de plusieurs dizaines de policiers.

Cinq prévenus sont en détention provisoire à la prison de Champ-Dollon. Mais à en croire de récents interrogatoires, dont nous avons pris connaissance, une poignée d’autres protagonistes, grossistes, fournisseurs ou revendeurs, n’ont pas encore été interpellés ou identifiés.

Mouchards sous les voitures

Filatures, écoutes, mouchards sous les voitures des suspects, les enquêteurs ont mis les bouchées doubles avant de perquisitionner en août un appartement à Meyrin et un autre dans un village de la Rive droite, en l'occurrence chez un des prévenus. La police a découvert dans ces logements notamment 15 kilos de marijuana, 750 grammes de haschisch, 197 pilules d'ecstasy, un demi-kilo de cocaïne, mais aussi une arme à feu, des munitions, un poing américain et des couteaux. Il est probable que les liasses de billets, quelque 160’000 francs., ainsi que la Rolex et la montre de luxe Van der Bauvede saisies soient en lien avec ce trafic de drogue.

L'un des détenus, celui dont l’appartement a été visité par les enquêteurs, se voit aujourd’hui reprocher d'avoir «depuis 2022, avec un couple lausannois, participé à un trafic de stupéfiants portant sur plusieurs centaines de kilos de haschich». Cet homme, condamné par le passé «pour une bagarre en Espagne», aurait également dès le mois de novembre 2022 «acquis et revendu à des clients plusieurs kilos de cocaïne».

Valises marocaines à Jussy

Les nombreuses écoutes téléphoniques et les auditions révèlent peu à peu l'extension de ce commerce illicite. Il est question parfois de fournisseurs néerlandais défaillants, d'un grossiste rencontré en Suisse alémanique et d'un vendeur de coke arrivé depuis la France.

Les conversations enregistrées abordent aussi la présence d'un coffre-fort, au nom de la prévenue, garni de dizaines de milliers de francs à Nyon, des livraisons en fourgonnette de valises marocaines (ndlr: 30 kilos selon la police) à Jussy et encore des lots de cocaïne à revendre à 35’000 francs le kilo.

Aux enquêteurs, sous la direction du procureur Clément Emery, de reconstituer désormais le déroulement des faits et de déterminer le rôle exact de chacun des protagonistes.

«Mon client assumera les conséquences de ses actes.»

Me Benjamin Grumbach

Les conversations retranscrites révèlent le jargon fleuri des trafiquants. Exemples? Un des prévenus, qui possède une entreprise active dans le commerce de cannabis légal, traduit devant le Parquet les termes contenus dans les SMS saisis par la police: «Plaque du ak 47, c’est du hasch.» Tout comme le «choco» ou «la mousse». Un autre prévenu explique que les «olives beldia» sont des portions «de shit de 10 grammes». Et le vert? De la marijuana. Le «blanc» désigne, lui, un lot de cocaïne.

À noter qu’un détenu met hors de cause sa compagne en disant qu’il l’a manipulée. Un autre prévenu évoque ses problèmes d’alcoolisme et de dépression. La plupart d’entre eux estiment que les quantités reprochées et les gains sont surévalués par les enquêteurs.

Regrets amers

Avocat du prévenu perquisitionné, Me Benjamin Grumbach réagit: «Mon client regrette amèrement ses agissements. Il a désormais compris la nécessité de gagner de l’argent honnêtement, et il assumera les conséquences de ses actes. »

Défenseur d’un autre détenu, Me Robert Assaël explique que son client conteste «catégoriquement avoir participé à un trafic de cocaïne et de haschich portant sur plusieurs centaines de kilos. Les grands moyens ont été déployés par la police et le procureur. Il y a déjà plus de dix classeurs de procédure, mais un constat s’impose: les accusations, vagues et approximatives, ne sont de loin pas démontrées. Il ne m’étonnerait pas que cette affaire accouche d’une souris.»