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AboPrésidence du groupe PS
«Ensemble, nous pouvons contribuer à une Suisse sociale»

Samuel Bendahan (VD) et Samira Marti (BL) briguent la coprésidence du groupe socialiste sous la Coupole fédérale.
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Ce sont les premiers à sortir du bois. Samuel Bendahan et Samira Marti briguent la succession de Roger Nordmann, qui a annoncé son départ début juin. La présidence du groupe socialiste au parlement pourrait ainsi rester – du moins en partie – en mains romandes.

Le Vaudois et la Bâloise nous accordent leur première interview. D’autres prétendants pourraient leur emboîter le pas et convoiter cette fonction centrale et stratégique. Le délai pour signaler son intérêt a été fixé au 20 août. Le groupe fera son choix le 1er septembre.

On attendait la candidature de Samira Marti. Or la tête du parti est alémanique. M. Bendahan, vous êtes le Romand de service?

Samuel Bendahan: Avec Samira, on s’est retrouvés par hasard côte à côte au parlement. Ça a créé des liens. On a rapidement travaillé ensemble et ça s’est vraiment bien passé. Quand Roger Nordmann a démissionné, c’était une évidence de se présenter à deux. Nous avons des valeurs communes et des profils complémentaires. Je suis Romand et citadin, elle est Alémanique et campagnarde, nous appartenons à deux générations différentes.

Le parti national a déjà une coprésidence avec Mattea Meyer et Cédric Wermuth. Dédoubler toutes les positions, ça ne brouille pas le message?

Samira Marti: Nous sommes le parti qui prend le plus au sérieux la conciliation de la vie professionnelle avec la vie familiale et la vie tout court. L’idée qu’on travaille mieux dans une bonne équipe que seul s’est imposée depuis longtemps dans le secteur privé. Maintenant, c’est aussi le tour de la politique! Nous passons de la parole aux actes.

«Nous sommes convaincus qu’ensemble nous pouvons contribuer à une Suisse sociale.»

Samira Marti, conseillère nationale (PS/BL)

Être chef de groupe, c’est négocier en tête à tête. Vos collègues devront-ils le faire avec l’une, puis l’autre?

S. M.: Absolument pas. Ça sera de notre responsabilité que cela n’entrave pas le travail de nos collègues.

S. B.: Samira et moi, on pense de la même façon. J’ai une immense confiance en elle et vice versa. Nous serons en mesure d’assumer ce que l’autre fera. Finalement, la collégialité, en Suisse, on connaît, non? De plus, en étant deux, on pourra jouer sur nos affinités personnelles.

L’harmonie parfaite, ça n’existe pas. Comment réagirez-vous en cas de désaccord?

S. B.: Ça nous est déjà arrivé. À chaque fois, j’ai trouvé de l’intelligence dans les propos de Samira et elle a été à l’écoute des miens. Ça nous a aidés à améliorer nos positions. Nos diversités, on les prend comme des richesses qui nous font avancer. Ce qui compte, ce ne sont pas les éventuels désaccords, mais notre façon de les résoudre.

S. M.: Mais ce qui nous rassemble est bien plus fort. Nous sommes convaincus qu’ensemble nous pouvons contribuer à une Suisse sociale. En tant qu’économistes, la question du pouvoir d’achat est particulièrement importante pour nous. Dans un pays aussi riche que le nôtre, les habitants ne doivent pas craindre pour leur existence. En même temps, nous devons enfin avancer dans le domaine de l’égalité et de la protection du climat.

Le Vaudois Samuel Bendahan est entré au Conseil national en juin 2017.

Vous avez tous les deux un profil d’économiste. Ne craignez-vous pas de passer à côté de thématiques?

S. B.: C’est vrai qu’on est beaucoup engagés sur le pouvoir d’achat. Mais en dehors de ce thème, nos profils sont complémentaires. Samira est spécialiste des thématiques liées à l’égalité et à la migration. Moi, je me suis plutôt profilé sur les questions technologiques, de service public, de formation. Notre rôle serait aussi et surtout de valoriser le savoir et les actions des autres parlementaires du groupe.

S. M.: L’économie est par ailleurs un thème transversal. Pour une protection efficace du climat, des investissements publics sont nécessaires afin de promouvoir les énergies renouvelables produites localement et de créer des emplois en Suisse. Pour plus d’égalité, il faut un développement du service public afin que toutes les familles aient accès à des structures d’accueil externes. C’est ce que défend le PS.

«Notre rôle est de contribuer à faire briller nos élus. C’est sain que nous ne pensions pas tous la même chose.»

Samuel Bendahan, conseiller national (PS/VD)

Vous êtes universitaires. Le PS se veut pourtant proche de la classe ouvrière. Ça ne risque pas de vous desservir?

S. M.: Au contraire. Pour le PS, chacun doit avoir les mêmes droits. Ce n’est pas parce qu’on est né en Suisse qu’on ne peut pas défendre les droits des migrants.

S. B.: Ce problème de représentativité touche tout le parlement. C’est difficile pour un ouvrier d’obtenir de son employeur la flexibilité nécessaire à un mandat. Les sondages montrent d’ailleurs que les ouvriers votent plus pour le PS. Samira et moi sommes aussi les premiers universitaires de nos familles.

Vous élire, vous qui faites partie de l’aile gauche du PS, c’est une nouvelle pichenette à l’aile progressiste?

S. B.: Notre rôle est de contribuer à faire briller tous nos élus. C’est sain que nous ne pensions pas tous la même chose. On n’est jamais d’accord sur tout avec tout le monde. Ce qui nous unit, c’est la conviction qu’il faut aller de l’avant pour la solidarité dans notre pays.

S. M.: Et il y a encore du travail. Aucune famille ne devrait avoir peur de ne pas pouvoir payer les loyers et les primes maladie. Aucune femme ne devrait craindre de vivre dans la pauvreté à la retraite parce qu’elle a élevé ses enfants pendant des années.

La Bâloise Samira Marti est conseillère nationale depuis décembre 2018.

Allez-vous réorienter la stratégie du groupe, après l’ère Nordmann?

S. B.: Roger a fait du très bon travail. Bien sûr, tout le monde est un peu différent. Quelle que soit la nouvelle équipe, sa personnalité va évidemment influencer le travail.

Si vous êtes nommés coprésidents du groupe, vous devrez gérer la succession d’Alain Berset au Conseil fédéral. Ça vous fait peur?

S. M.: Non, mais c’est une tâche très importante. Les processus doivent encore être clarifiés avec le groupe parlementaire. Une chose est certaine: les deux sièges socialistes au Conseil fédéral sont essentiels pour une Suisse solidaire. Nous avons dans notre parti de très nombreuses personnalités extrêmement compétentes et engagées, qui ont la stature pour être ministre.

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