Passer au contenu principal

L’invitéEntreprises responsables: agir selon nos propres valeurs

Claude Béglé soutient l’initiative «Entreprises responsables» soumise au vote le 29 novembre.

Il est assez remarquable qu’en pleine montée de la deuxième vague de Covid, autant de gens se mobilisent en faveur de l’initiative pour des entreprises responsables! C’est bien là le signe que le sujet est important. Il s’agit d’un vrai débat de fond sur l’éthique qui interpelle toute notre population, à commencer par les dirigeants de nos firmes. La plupart sont honnêtes. Trois cents dirigeants s’engagent d’ailleurs dans un comité d’entrepreneurs en faveur de l’initiative.

Nos mœurs dans le domaine des affaires sont bien différentes de celles qui prévalent dans la plupart des pays en voie de développement, où la corruption et la mauvaise gestion publique entraînent trop souvent un État de droit dysfonctionnel. Je le sais pour avoir travaillé de nombreuses années dans ces contrées pour des entreprises suisses, et je connais la difficulté de s’en remettre à la justice de ces pays, trop facilement corruptible. D’où l’utilité de ramener le débat ici, en fonction de nos propres valeurs et des standards internationaux auxquels la Suisse a souscrit. Quand ces multinationales ont leur centre de décisions ici, c’est aussi ici qu’elles ont une responsabilité.

«Nous ne voulons pas d’une Suisse dont la prospérité est fondée sur le fait d’abuser de la fragilité institutionnelle de certains pays.»

Dans la mesure où nos entreprises auront un devoir d’exemplarité, cette initiative devrait enclencher un cercle vertueux, sans avoir besoin de se référer à l’ordre juridique parfois discutable existant dans les pays concernés. Celles de nos entreprises qui font déjà des affaires de manière respectueuse n’ont rien à craindre de l’initiative, et leur réputation de qualité s’en verrait même renforcée. Tout comme celle de la place économique suisse. Car nous ne voulons pas d’une Suisse dont la prospérité est fondée sur le fait d’abuser de la fragilité institutionnelle de certains pays, mais au contraire sur la décence et la responsabilité.

De plus, accepter cette initiative permettrait à la Suisse de garder le cap sur le plan international. À problème global, solution globale! Un effort de sensibilisation multilatéral est nécessaire. C’est ainsi que les Nations Unies ont lancé l’initiative Global Compact, allant précisément dans cette direction.

Européens dans le même sens

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qu’on ne peut qualifier d’organisation gauchiste, a elle aussi fait un immense travail de fond pour traiter concrètement de cette question. Plusieurs pays européens travaillent sur des projets de législation allant dans le même sens. Et la Commission européenne a annoncé pour 2021 un nouveau règlement avec un principe de responsabilité civile analogue à celui de l’initiative. Il nous faut agir de concert avec nos voisins et concurrents.

La Suisse aurait beaucoup à gagner en prenant part au mouvement des États adoptant celle nouvelle législation. Avançons ensemble avec d’autres pays partageant le même point de vue. Et faisons confiance au bon sens suisse pour la mise en application de cette cause qui est en phase avec nos valeurs.

1 commentaire
    A réfléchir

    Cette initiative populiste et colonialiste mettra les entreprises suisses dans une situation très différente de ces concurrents. Soit elles quitteront l'afrique, l'amérique du sud ou les endroits difficiles où elles sont actives pour laisser la place aux Chinois (Qui eux profitent maintenant des revenus du Covid), ou bien elles quitteront la Suisse.

    Dans tous les cas, cette initiative n'aura aidé personne, sauf les initiants à se faire de la publicité.