Escrocs du webLe bois et les pellets à prix trop cassés? Attention, arnaque
Même si les prix des énergies de chauffage sont moins élevés cette année, des profiteurs piègent encore des clients en usurpant le nom de vraies entreprises.

Les arnaqueurs en ligne avaient trouvé un nouvel eldorado en 2022. Dans les mois qui avaient suivi le début de l'invasion de l'armée russe en Ukraine, le 24 février, le Conseil fédéral ainsi que les fournisseurs d'énergie avaient lancé l'alerte, appelant à la sobriété pour éviter des pénuries, qui ne se sont finalement pas produites.
Qu'importe, le souci de faire des réserves a poussé les propriétaires de cheminées, de poêles de chauffage et de chaudières à bois à faire le plein de bûches et de pellets fabriqués à partir de petits morceaux de bois et de sciure recompactés.
Logos d'entreprises usurpés
Une aubaine pour des escrocs qui se sont mis à proposer de la marchandise inexistante à des «clients», appâtés par des prix très bas. Les arnaqueurs continuent à exploiter ce filon, raison pour laquelle la police valaisanne vient de lancer une nouvelle alerte au moment où le froid est réapparu: «Des entreprises nous ont signalé que leur logo et leur nom ont été usurpés», relève Stève Léger, porte-parole. La police vaudoise estime de son côté que la prévention reste nécessaire.
Des acheteurs, eux, n'ont pas obtenu leur marchandise. Et les vrais entrepreneurs piratés reçoivent leurs appels courroucés. C'est exactement ce qui arrive à Jean-Yves et Karine Bodenmann, à la tête d'une entreprise de livraison de bois, Les Bode SA, au Sentier (vallée de Joux). Le couple a émis une alerte sur sa page Facebook au sujet d'un «faux site internet sur notre entreprise».
Le contenu qui place des cookies supplémentaires est affiché ici.
À ce stade, vous trouverez des contenus externes supplémentaires. Si vous acceptez que des cookies soient placés par des fournisseurs externes et que des données personnelles soient ainsi transmises à ces derniers, vous devez autoriser tous les cookies et afficher directement le contenu externe.
Les Bodenmann subissent encore des appels de toute la Suisse: «On nous téléphone tout le temps, de partout. En une année, nous avons reçu 2000 appels. Nous en avons encore jusqu'à cinq par samedi, quand les livraisons sont attendues. Les gens croient acheter à moitié prix mais ils paient pour rien. Et aucun montant n'est versé sur notre compte», précise Karine Bodenmann.
Comme toujours dans ce type d'arnaque – les faux logements par exemple –, une action judiciaire auprès des escrocs s'avère quasi impossible. Dans le cas de Karine et Jean-Yves Bodenmann, les auteurs de l'usurpation se trouvent au Bénin, dans l'ouest de l'Afrique. «La traçabilité est impossible», relève Karine Bodenmann. Sur le site de l'entraide judiciaire fédérale, l'obtention de preuves dans ce pays est d'ailleurs jugée «très difficile».
Meilleure protection nécessaire
Patron de La Belle Bûche et de Chenuz Bois, à Montricher, Olivier Chenuz a aussi vu ses logos et noms de société figurer sur un site web d'arnaque en février dernier. «Nous avons pu le déceler à temps. J'ai demandé de l'aide à un spécialiste en informatique et, tout à coup, le faux site a disparu. Les entreprises doivent mieux protéger leurs activités sur internet», souligne-t-il.
La police cantonale vaudoise avait enregistré 38 plaintes pendant l'ensemble de l'hiver dernier. À l'approche de la prochaine saison froide, elle en a pour l'instant enregistré quatre. Le rythme est moins élevé que l'an dernier. «Il est difficile d’effectuer une comparaison aujourd’hui étant donné que l’hiver n’est pas encore passé», relève Florence Frei, chargée de communication.
«Une poignée de main est toujours plus sécurisée qu'un achat sur un site.»
Les recommandations de prudence sont donc maintenues. La police et les vrais vendeurs recommandent de se méfier des offres trop alléchantes (voir les prix moyens en encadré). En cas de versement bancaire, vérifier que le titulaire du compte corresponde au nom de l'annonceur évite des déconvenues. Et il faut se méfier d'un compte à l'étranger d'un «vendeur» soi-disant suisse. «Une poignée de main est toujours plus sécurisée qu'un achat sur un site», relève Jean-Yves Bodenmann, qui prône le contact direct. En résumé, il vaut mieux «acheter local».
Vous avez trouvé une erreur?Merci de nous la signaler.
















