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Broye fribourgeoiseEstavayer et Lully s’échangent des terrains

Fait rarissime, les deux communes broyardes vont modifier leurs frontières. À l’origine de ce souhait politique: le développement territorial et économique de la région.

L’arrangement convenu ne s’arrête pas à un simple échange de terrains. Certes, Estavayer a mis dans la balance une parcelle agricole de 96’707 m² contre les 98’138 m² qu’elle récupère.
L’arrangement convenu ne s’arrête pas à un simple échange de terrains. Certes, Estavayer a mis dans la balance une parcelle agricole de 96’707 m² contre les 98’138 m² qu’elle récupère.
SEBASTIEN GALLIKER

Les communes d’Estavayer et de Lully ont une nouvelle forme. Fait rarissime, les deux voisines de la Broye fribourgeoise ont en effet obtenu en décembre l’accord de leurs organes délibérants respectifs pour s’échanger plusieurs parcelles. Un souhait politique dicté en premier lieu par des raisons d’économie et de développement territorial.

Par deux fois, Lully avait tenté sans succès la mise en zone d’activités de six parcelles colloquées en zone agricole afin de créer une zone d’activité intercommunale. «Constatant un échec définitif, le syndic nous a approchés, estimant que nous aurions davantage de chances de succès de par notre position de chef-lieu de district», explique le syndic staviacois Eric Chassot.

«Nous devons demander de patienter à des entreprises désireuses de s’installer chez nous.»

Eric Chassot, syndic d’Estavayer

Les terrains jouxtant directement la zone industrielle Plein-Sud, il n’a pas fallu avancer des milliers d’arguments pour intéresser l’Exécutif d’Estavayer à cette affaire. «D’autant plus que nous avons de nombreuses demandes de la part d’entreprises qui souhaitent s’installer chez nous et auxquelles nous devons dire de patienter», précise l’édile.

Une indemnité en plus

L’arrangement convenu ne s’arrête pas à un simple échange de terrains. Certes, Estavayer a mis dans la balance une parcelle agricole de 96’707 m² contre les 98’138 m² qu’elle récupère. Mais le chef-lieu a aussi pris à sa charge les frais de géomètre, de convention et de procédures ainsi que les frais d’études engagés par Lully lors de l’élaboration d’un dossier de dézonage qui reste valable. «Et cela nous le paierons quoi qu’il arrive, de même que l’échange de terrains se fera même si nous ne parvenions pas non plus à changer leur affectation», reprend le syndic.

En outre, la Commune d’Estavayer s’est engagée à reprendre à son compte les conventions (portant sur un montant de 1,73 million de francs) que Lully avait passées avec les propriétaires privés de ces parcelles en vue d’un rachat immédiat dès lors qu’elles changeraient d’affectation. Changement d’affectation qui aurait aussi pour effet d’augmenter leur valeur. «C’est pour cette raison que nous avons également convenu qu’en cas de réussite du dossier nous payerions à la commune voisine une indemnité de 10 francs par mètre carré, soit 967’070 francs», conclut le syndic staviacois.