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La rédactionEt si la Suisse «covidée» regardait du côté de Taïwan?

Il y a des leçons à prendre dans la manière qu’ont certains pays d’affronter la pandémie.

En Europe, on s’est beaucoup gaussé de Trump et de son incapacité crasse à lutter efficacement contre le coronavirus. Pourtant, quand on rapporte le nombre des décès au nombre d’habitants, il n’y a aucune leçon à donner au fantasque président américain. C’est toujours la Belgique qui détient le triste record de morts. Et dans les dix premiers de ce classement macabre, outre des pays d’Amérique latine, on trouve l’Espagne et la Grande-Bretagne.

La Suisse, qui annonçait jeudi près d’une centaine de décès en un jour, se classe en 27e position mondiale sur 150. Pas terrible pour un pays qui s’imagine toujours parfaitement organisé. En réalité, la Suisse a complètement raté la maîtrise de la deuxième vague. Stratégie fumeuse et action tardive des autorités, cacophonie de la Confédération et des Cantons, contact tracing dans les choux, je-m’en-foutisme d’une partie de la population, le bilan est assez calamiteux. Résultat: le nombre de contaminations a explosé et les hôpitaux de Suisse romande tirent la langue.

«Combien de vagues faudra-t-il pour que la Suisse change sa stratégie actuelle, coûteuse en vies humaines et en ressources financières?»

Le problème, c’est que la Suisse n’a pas vraiment tiré les leçons de la première vague. Et surtout elle n’a pas regardé ce qui se faisait dans les pays asiatiques habitués aux épidémies. Savez-vous combien Taïwan, un pays de 24 millions d’habitants, compte de morts Covid depuis janvier? Sept. Il y a donc des leçons à prendre de ce côté-là ou de celui de la Corée du Sud.

Que font ces pays asiatiques mieux que nous? Ils agissent vite, ont une chaîne de commandement claire, ils contrôlent véritablement frontières et quarantaines, et ils utilisent à fond les nouvelles technologies. Le smartphone, par exemple, a de multiples usages. Des applications vont donner aux gens des informations en direct sur la pandémie, montrer les endroits dangereux, servir de sésame pour entrer dans un magasin ou même faire office de mouchard quand on est placé en quarantaine. Les opérateurs téléphoniques sont aussi mis à contribution quand il s’agit d’envoyer rapidement un SMS à toutes les personnes qui ont croisé de près un cas positif.

Culte de la sphère privée

Horreur. Cette utilisation intense des données est jugée ici liberticide par des gens qui crient très facilement à Big Brother. On l’a vu en été avec le débat surréaliste sur la «dangerosité» de l’application Swiss Covid. Cette fétichisation de la sphère privée étonne à l’heure où la plupart des gens utilisent Google, Facebook, WhatsApp and Co.

Mais elle apparaît surtout incohérente. Car faute de combattre efficacement et rapidement une épidémie, l’État prive à répétition les gens de leur liberté: interdiction de rassemblement important, fermeture des restaurants ou des musées, interdiction des grands repas de famille, des fêtes de mariage, d’assister à un match de foot, etc. Tout cela coûte au surplus des milliards aux pouvoirs publics.

La question est donc simple: combien de vagues faudra-t-il pour que la Suisse change sa stratégie actuelle, coûteuse en vies humaines et en ressources financières?

15 commentaires
    Fabien

    Croyez-moi beaucoup d’asiatiques de spays les plus riches (Corée, Singapour, Taïwan) rêvent encore de vivre en Suisse, pour sa liberté.