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Éditorial – Terrasses, ski et CovidEt si les Neinsager de Schwytz avaient raison?

Cinq cantons alémaniques ont autorisé les restaurants des stations de ski à installer des tables sur leurs terrasses.

Au pays de Petra Gössi, comme dans tous les pays, on samuse, on pleure, on rit. Il y a des méchants et des gentils. Et pour sortir des moments difficiles, avoir des terrasses, cest très utile. Un peu dastuce, despièglerie, c’est la vie de l’après-ski. À Schwytz donc, contrée de la présidente du PLR où le Covid a proliféré l’an dernier à coups de youtse, on continue à penser que les prescriptions fédérales sont à la santé publique ce que les feux rouges sont aux chauffards napolitains, une simple recommandation.

A lire: Qui remportera la bataille des terrasses d’altitude?

Et pourtant, cette fois-ci, faut-il vraiment stigmatiser les envies de liberté des descendants de Guillaume Tell? Ces cantons de Suisse centrale ne clament-ils pas, n’assument-ils pas tout haut ce que d’autres se contentent de faire tout bas. Parfois clandestinement. Dans les rues des villes, expérience faite, il n’est pas rare de voir quelques fitnesseurs pédaler ou ramer ou des pétanquistes pétanquer dans des séances nocturnes, tous feux éteints. Les fêtes sauvages d’une jeunesse brimée vont dans le même sens.

«La tolérance était aussi souple que le fil d’un masque sur lequel on tirait pour respirer.»

D’autres contrées vivent aussi avec la passivité bienveillante de ceux qui devraient contrôler. Le slalom en quasi solitaire de la Suisse autour du ski est bien la preuve de notre faculté à jouer avec les paradoxes. Et celui qui a fréquenté les Alpes romandes le week-end dernier sait que certains extérieurs ensoleillés de buvette comptaient largement plus de cinq clients rassemblés, assis ou non, et que la tolérance était aussi souple que le fil d’un masque sur lequel on tirait pour respirer. Bout de papier ou de tissu chirurgical d’ailleurs de moins en moins porté par ceux qui attendent leur assiette ou leur arbalète.

Soleil aidant, le Sahara n’est pas le seul à vouloir mettre son grain de sable. Les chiffres de contamination baissent autant si ce n’est plus que dans des pays qui confinent davantage. La pression des cantons pour un assouplissement monte, l’immunité aussi. La troisième vague, c’est aussi celle d’une certaine impatience à voir sa patience récompensée. Tout effort mérite salaire. À payer en nature, à coups d’espaces de respiration. Ce mercredi et dans les semaines qui viennent, le Conseil fédéral devra aussi en tenir compte au moment de décider comment et quand il va desserrer la vis.

25 commentaires
    Être prudent

    "Les chiffres de contamination baissent autant si ce n’est plus que dans des pays qui confinent davantage."

    Et oui. Et on notera que les tendances à travers le monde ne sont pas toujours si éloignées d'un pays à l'autre. L'exemple qui énerve est celui de la Suède qui s'en sort à peu près comme la France, un peu moins bien, mais sans mesures excessives.