Éditorial sur la présidentielle américaineRetrait et Kamala Harris, what else?
Avec le retrait de Joe Biden, c’est désormais Donald Trump le vieux de la campagne.
Qui du Covid ou de l’argent aura définitivement eu la peau d’un deuxième mandat de Joe Biden? On savait les gros donateurs démocrates de plus en plus réticents à financer une candidature de l’octogénaire. Dont les pépins de santé - mémoriels et mémorables pour certains - rebutaient jusqu’au plus people d’entre eux, George Clooney. On commencera par saluer un geste qui, même s’il est contraint et forcé, n’en reste pas moins noble. Et l’histoire jugera un bilan qui, comme pour celui d’Emmanuel Macron chez nos voisins, est bien moins caricatural que ce que certains s’acharnent à démontrer, à démonter.
Oui, le temps est court pour les Démocrates. Et il ne faut pas chercher midi à quatorze heures pour trouver la candidate. Non pas qu’elle soit forcément idéale: on ne sait pas grand-chose des capacités de Kamala Harris tant on lui a laissé peu de place pour s’en faire une. Il y aura certainement quelques (vieux) aigris pour tenter de lui savonner la planche histoire d’être calife à la place du calife. Mais elle seule a les soutiens, financiers (elle est la seule à pouvoir hériter de la cagnotte des donateurs) et politiques (Obama, Clinton).
Et puis, dans une campagne où l’image compte tellement, c’est désormais Trump le vieux de l’autre. Face à une adversaire jeune et multiculturelle, qui aura la liberté de porter plus fort certaines valeurs (avortement, justice raciale, démocratie), le Républicain ne pourra plus taper sur «les capacités cognitives de l’homme qui occupe le Bureau ovale». On lui fait confiance, il trouvera bien une autre insulte. Mais on peut tirer un parallèle entre ce qui vient de se passer en France avec le «tout sauf le Rassemblement national» et un potentiel «tout sauf Trump». Sauf que le front républicain, en l’occurrence, sera plutôt un front démocrate.
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