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Éditorial
Anatomie des ambitions suisses

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Anthologie des parties qui font son tout: l’équipe de Suisse de football est à l’Euro 2024 avec Yann Sommer, Manuel Akanji, Granit Xhaka et Xherdan Shaqiri. Une colonne vertébrale, l’endosquelette d’un corps possiblement grand. Mais si l’anatomie des ambitions helvétiques révèle sa force, elle dit aussi ses faiblesses.

Fragilité du projet commun, quand il est balbutié sans cohérence. Il revient à Murat Yakin, le sélectionneur, d’associer les éléments de l’ossature: il n’a jamais su le faire harmonieusement jusqu’ici, soit depuis trois ans.

Diligence des malaises, quand un climat de défiance flotte depuis le début entre l’entraîneur et ses cadres. Jusqu’au point de rupture ou presque. Avant une paix des braves plus ou moins signée, plus ou moins feinte.

Mais prise de conscience à la veille de cet Euro: la compétition a ce pouvoir curieux de suspendre les tensions et de partager les responsabilités. Il y a, dans ce même corps suisse, Yakin et les joueurs, tous comptables du destin helvétique, conjointement.

Décharné à l’automne, le squelette suisse tient toujours debout, il a repris forme, il est en mouvement. On ne sait pas encore comment il va bouger dans cet Euro, mais si le souvenir des élans de 2021 nous hante encore, c’est qu’il doit aussi peupler les têtes des internationaux.

Rien de ce qui a existé il y a trois ans – ce doux délire contre la France, ce quart de finale contre l’Espagne – n’a vraiment disparu. Tout n’est qu’enfoui. Il faut juste savoir maintenant, dès samedi contre la Hongrie lors du premier match, si tout peut resurgir, peu importe comment d’ailleurs. Il ne manque sans doute à la Suisse qu’une étincelle.

Il y a peu, en jouant sur les mots – sur les maux? –, de cadavre exquis à corps glorieux.