AboEuro 2024Dans la tête de Murat Yakin avant le choc Suisse-Italie
Trois matches jusque-là, trois surprises du chef. À quoi pense le sélectionneur pour le 8e de finale de ce samedi soir (18 h)? Immersion avec Mattia Croci-Torti.

Aux orages de Stuttgart se substitue une forme de canicule berlinoise. La capitale allemande attend près de 30 degrés ce samedi soir; si la Suisse et l’Italie sont écrasées par l’enjeu de ce huitième de finale, il ne faudra pas qu’elles le soient par la chaleur. Depuis lundi soir, Murat Yakin pense à tout cela. Fourmillement des idées: quoi faire, comment, avec qui?
On l’a vu, les joueurs, sur le terrain, ont une grande part du renouveau helvétique depuis le début du tournoi. En parallèle, le sélectionneur a toujours apporté sa patte. La tentation est grande d’entrer dans la tête de Murat Yakin. On pousse la porte avec Mattia Croci-Torti. L’entraîneur de Lugano connaît par cœur la Suisse et l’Italie. Il se prête au jeu. Point par point.
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Quelle Italie en face?
Chez Murat Yakin, le point de départ est souvent l’adversaire. Ici, l’Italie. Mais quelle Italie? Dans la tête de Yakin, le questionnement doit commencer comme cela: à quoi dois-je m’attendre de la part de Spalletti, l’entraîneur transalpin?
Mattia Croci-Torti se met en situation, comme Yakin le ferait. «Déjà, je commence par me dire que ce n’est pas simple d’arrêter un schéma tactique pour cette équipe italienne, dit-il. J’aimerais savoir comment elle va s’organiser, mais c’est compliqué. Elle a joué deux matches avec une défense à quatre. Un avec une défense à 3 ou 5, c’est pareil dans le fond. Spalletti a mis des ailiers offensifs quand il y a été obligé, contre la Croatie, et ça a fonctionné. Donc, si je suis Murat, je me pose des questions. Et peut-être que je me dis que, pour gagner tactiquement, c’est à nous, la Suisse, de chercher des solutions.»
Un bloc italien bas?
Important pour Yakin: savoir si l’Italie va s’aligner avec un bloc bas, pour surprendre la Suisse en rupture, en allant vite vers l’avant. Une stratégie qu’elle affectionne.
Le questionnement doit habiter Murat Yakin. «Je me dis qu’un bloc bas est possible, oui, si je réfléchis comme Murat, souligne Croci-Torti. Mais le but marqué à la dernière seconde contre la Croatie, après une séquence de jeu offensif, a peut-être donné de la confiance. Et des idées. Et puis, si je suis Yakin, je me dis que l’Italie va peut-être tenter de faire comme l’Écosse: presser la Suisse pour la gêner. On peut se dire que c’est ce qu’a fait l’Allemagne dimanche dernier, mais non. L’Allemagne n’a pensé qu’à elle-même. L’Écosse, elle, avait un plan pour isoler Xhaka. En plus d’une approche pour empêcher les passes longues de Schär. Comme ça a bien fonctionné, je me demanderais quand même si l’Italie n’y penserait pas elle aussi, en jouant plus haut.»
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Je fais quoi avec la Suisse?
Analyser l’Italie. Y relever des points importants. Se pencher sur son équipe. Faire des choix en tenant compte du vécu des trois premiers matches de l’Euro. Murat Yakin a un petit calepin. Il y note ses idées, il y dispose ses orientations. Il en parle ensuite avec son adjoint, Giorgio Contini, mais dans la solitude de sa chambre d’hôtel, avant de s’endormir, il brasse et rebrasse tout cela. Yakin peut-il tout changer?
«Non, si je me mets à sa place, je ne pense pas pouvoir changer profondément les choses, lance Croci-Torti. Trop risqué. Cette ligne à trois, ou à cinq quand les deux hommes de couloir se replient, est installée.»
Qui pour Widmer?
Silvan Widmer, l’homme du couloir droit, est suspendu. Murat Yakin a immédiatement assuré qu’il allait lancer Leonidas Stergiou, puisqu’il est là pour ça. Coup de bluff que d’annoncer immédiatement, dès dimanche soir, la titularisation de l’inexpérimenté Stergiou?
«Yakin a dit ça, c’est vrai, relève Croci-Torti. OK, je me mets à sa place. Je dis ça. Et je fais jouer quelqu’un d’autre ensuite? Non, je ne m’imagine pas que c’est possible. Par respect pour Stergiou. Annoncer ça et prendre quelqu’un d’autre, c’est casser Stergiou.»
À moins que Leonidas Stergiou soit dans la confidence. On est dans la tête de Yakin, on peut tout imaginer. Donc, annoncer que Stergiou va jouer, mais finalement lancer Steven Zuber! Il est arrivé blessé en Allemagne (après le dernier match amical contre l’Autriche). Mais il est prêt. Il est expérimenté, contrairement à Stergiou. Il joue sur le couloir gauche habituellement, mais il est flexible et, si je suis Yakin, c’est quelque chose que j’aime par-dessus tout.
Je peux aussi penser à reculer Dan Ndoye à cette place. Mais je m’arrête net: avec ce qu’il apporte en étant devant, plus haut, il y a beaucoup plus à perdre qu’à gagner.
Comme contre l’Allemagne?
La performance collective, contre l’Allemagne dimanche dernier, a été un morceau de bravoure. De justesse tactique aussi.
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Justement: il garde l’organisation aperçue contre l’Allemagne, pour sa complémentarité, son équilibre? «À la place de Yakin, j’ai envie de donner une suite au supermatch de dimanche passé, dit l’entraîneur de Lugano. Rieder a convaincu tout le monde dans son rôle d’extérieur qui se recentre. Aebischer est resté sur la gauche, mais ça a fonctionné. Schär et Rodriguez ont cassé la ligne défensive pour gêner plus haut parfois. Il y a eu une stabilité. C’est dangereux de changer ça, après un tel match, c’est ça que je me dirais. Je pourrais même repenser au 8e de finale contre le Portugal, au Mondial, pour me persuader qu’improviser des choses n’est pas forcément une bonne idée.»
Dans la tête de Murat Yakin, il y a déjà une équipe qui trotte. Celle qui va commencer la partie ce samedi soir contre l’Italie. On est dans sa tête, on se lance.
L’équipe de Suisse probable: Sommer; Schär, Akanji, Rodriguez; Stergiou, Freuler, Xhaka, Aebischer; Ndoye, Embolo, Rieder.
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