AboEuro 2024L’Italie, un géant aux pieds d’argile
Les Transalpins, en mal de certitudes, font moins peur qu’avant. Mais la Suisse reste sur ses gardes avant le 8e de finale de samedi soir.

Dans le monde d’avant, un frisson parcourait l’échine de la Suisse. À l’idée d’affronter l’Italie dans un match à élimination directe, lors d’un grand tournoi, le poids de l’histoire laisserait l’équipe nationale avec la certitude d’un enfer promis, à tout le moins d’un choc dont il faudrait sortir par le haut au prix d’une incroyable surprise. Mais ça, c’était avant.
C’était le temps où la Nazionale forçait le respect. Depuis plusieurs années, tout cela s’est morcelé et, si l’embellie d’un Euro remporté il y a trois ans a pansé bien des douleurs, par définition il ne s’agissait que d’une embellie: élimination au premier tour du Mondial 2014, non-qualification pour les Mondiaux 2018 et 2022 pour entourer le moment. Une catastrophe transalpine.
Adversaire moins redouté
Depuis lundi soir, la Suisse sait qu’elle va défier cette Italie-là, qui a accroché la deuxième place de son groupe à la 98e minute, après une performance insipide, comme face à l’Albanie et après avoir reçu une leçon de football de la part de l’Espagne (même si le score, 1-0, un autogoal, ne le dit pas).
Fabian Rieder, brillant contre l’Allemagne, reste prudent. Ce n’est pas le moment de bomber le torse. «Je ne vais pas dire que la Suisse est meilleure que l’Italie, explique-t-il. Mais nous n’avons pas à avoir peur. L’Italie est l’équipe championne d’Europe en titre, mais il ne faut sans doute pas comparer les époques, c’était il y a trois ans. Il faut faire attention, d’accord. Cela dit, nous serons prêts.»
Une Nati plus affirmée
Discours lucide qui ménage les ego sans excès d’humilité, sans excès de confiance non plus. En filigrane se dessine une nouvelle topologie du choc. Une Suisse qui a toutes ses chances, qui a aujourd’hui plus de certitudes que l’Italie. Personne dans le clan suisse n’affirmera qu’il aborde ce 8e de finale en favori. Mais le point de bascule est au moins à l’équilibre.
Attention: c’est précisément ce qui fait sourire la Squadra azzurra. Il ne faut pas se mentir: même si elle ne la sous-estime pas, elle est heureuse de se retrouver face à la Suisse.
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