L’équipe de France met les choses au point et a rendez-vous avec l’Allemagne

Quarts de finaleLes Bleus ont mis un terme au fantasme insensé de l’Islande (5-2) pour s’offrir un choc contre l’Allemagne.

Dimitri Payet et les Bleus ont mis les Islandais à terre en une mi-temps, mais les Vikings ont vaillamment réagi en seconde période.

Dimitri Payet et les Bleus ont mis les Islandais à terre en une mi-temps, mais les Vikings ont vaillamment réagi en seconde période. Image: AP

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Les Islandais vivaient un rêve, ils se sont réveillés. Les Français vivaient dans le doute, ils se sont rassurés. On pourrait retenir cette morale du match étonnant et épatant, charmant, animé, vivant, qui s’est joué dimanche soir au Stade de France, et dont l’issue était déjà, tout au contraire de tous les duels de cet Euro, décidée après quarante-cinq minutes. La France ira donc en demi-finale, elle y retrouvera l’Allemagne et dans sa tête elle aura, pour lui donner confiance en son talent, les beaux buts et les bons moments vécus dimanche soir.

Au contraire de l’Angleterre, ou de tous ceux qui s’étaient pris les pieds dans le tapis contre les Nordiques, la France a joué avec intelligence et a connu très vite la réussite qu’il lui fallait pour tenir l’adversaire à distance. C’est à Giroud qu’elle peut dire merci en premier, ce que le public du Stade de France – était-il aussi bien disposé à son égard il y a trois semaines? – sut faire en lui offrant une sortie sous les acclamations après une heure de jeu. Il venait alors de marquer son deuxième but, il sortait pour éviter un carton jaune qui eût été fatal pour la suite, mais il avait surtout ouvert le score très tôt sur la première action française dangereuse. Son pied ferme, décidé, son allure concentrée, comme s’il avait senti en trois secondes l’importance de l’instant, avaient donné à la France un avantage mental capital. Car elle avait dans la tête – il suffisait de lire la presse de l’Hexagone les jours derniers pour le réaliser – la peur de passer par les mêmes difficultés que l’Angleterre contre le bloc attendu des Islandais. Ce but était libérateur, un autre allait venir pour mettre définitivement les choses au point. Quelques minutes plus tard, alors que rien n’était acquis, que l’Islande jouait encore ses cartes, Pogba s’éleva magnifiquement très haut et, avec un parfait timing, doubla l’avantage de la tête.

Griezmann l’animateur

A l’origine de son but, il y avait l’homme de la soirée, Antoine Griezmann, qui sur ce coup-là ne fit qu’exécuter très précisément un corner. C’était déjà pas mal, mais il allait, par la suite, poursuivre sur ce chemin et devenir dans tous les espaces l’animateur et l’inspirateur du jeu français. Très à l’aise techniquement, physiquement, léger comme un oiseau dans ses déplacements et dans ses appels de balle, et en entente idéale avec Giroud, il rappela peut-être à ceux qui le critiquaient et le contestaient il y a peu de temps combien il est indispensable dans cette équipe. C’est lui qui amène le bon sens, l’altruisme décisif, le geste technique qui déséquilibre l’adversaire. Et c’est lui qui amène, quand il en a l’occasion, le joyau qui régale le spectateur: son petit lob, juste avant la pause, pour signer le quatrième but après que Giroud lui eut ouvert la route très astucieusement, en dit long sur ses moyens et sa confiance.

Ambiance exceptionnelle

Cela dit, il faut rendre hommage aux Islandais. Grâce à leur moral extraordinaire, à leur vaillance, ils firent que la deuxième mi-temps ne fut pas ennuyeuse. On ira même jusqu’à dire que leurs deux buts pourraient avoir instillé non pas de sérieux doutes, mais quelques bribes de contrariété dans la défense française. La question viendra bien sûr: était-ce l’Islande qui était faible et fatiguée, lourde, dimanche soir, ou était-ce la France qui l’a ramollie et déstabilisée au plus profond d’elle-même? Un peu des deux sans doute. Mais de toute manière, on n’oubliera pas l’exceptionnelle ambiance d’avant- match, quand supporters français et islandais s’unirent pour faire retentir le «houh!» qui a marqué cet Euro et demeurera inscrit dans les mémoires comme le chant d’une équipe et d’un peuple admirables.

Créé: 03.07.2016, 23h32

France - Islande 5-2 (4-0)

Stade de France, Saint-Denis. 76'833 spectateurs.

Arbitre: M. Kuipers (PB).

Buts: 12e Giroud 1-0. 20e Pogba 2-0. 43e Payet 3-0. 45e Griezmann 4-0. 56e Sigthorsson 4-1. 59e Giroud 5-1. 84e Bjarnason 5-2.

France: Lloris; Sagna, Koscielny (72e Mangala), Umtiti, Evra; Pogba, Matuidi; Sissoko, Griezmann, Payet (80e Coman); Giroud (60e Gignac).

Islande: Halldorsson; Saevarsson, Arnason (46e Ingason), R. Sigurdsson, Skulasson; Gudmunsson, Gunnarsson, G. Sigurdsson, B. Bjarnason; Bödvarsson (46e Finnbogason), Sightorsson (83e Gudjohnsen).

Notes: la France sans Rami ni Kanté (suspendus).
Avertissements: 58e Bjarnason. 75e Umtiti.

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