De France ou du Portugal, tous rêvent d’un «Jour de gloire»

Football - Euro 2016Les Bleus ne veulent penser qu’au titre. Ils devront pourtant se méfier, dimanche en finale (21 h).

L’équipe de France a su, au fil de «son» Euro, faire monter la ferveur populaire autour d’elle. Elle l’accompagnera en finale dimanche au Stade de France.

L’équipe de France a su, au fil de «son» Euro, faire monter la ferveur populaire autour d’elle. Elle l’accompagnera en finale dimanche au Stade de France. Image: AP

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«Le grand soir», «Jour de gloire», «Le moment de vérité», quelques titres trouvés dans la presse de l’Hexagone. Non pas pour évoquer la finale qui s’en vient, mais pour présenter ce qui, jeudi soir, s’apparentait encore à un immense défi: battre l’Allemagne. Maintenant que c’est fait, le danger pour la France serait de croire que le reste viendra aisément. D’une part parce que l’équipe de Didier Deschamps n’a, jusque-là, jamais complètement dominé son sujet, d’autre part parce que ce Portugal un peu miraculé sent bien que s’offre à lui une chance inouïe d’aller chercher le titre continental qu’il avait laissé filer en 2004 devant son public.

Entre le Portugal et la France, les chiffres sont clairs. Que ce soit en 1984 ou en 2000 (à chaque fois en demi-finale de l’Euro), ou encore en 2006 (demi-finale de la Coupe du monde), les Bleus se sont toujours imposés. Mais au niveau d’une finale, l’affiche est inédite. Et l’histoire se plaît parfois à déjouer les pronostics…


France

Cette histoire est la leur

Souvent dominée, la France a montré suffisamment de caractère – et de qualités tout de même – pour se défaire de l’Allemagne et s’ouvrir ainsi le chemin vers un troisième sacre continental. Dans la ferveur du Stade Vélodrome, les Tricolores ont fait tourner chaque petit détail en leur faveur. A l’image d’un Griezmann qui, au fil des semaines, s’est imposé comme le leader technique naturel, ils ont surtout donné l’impression que l’histoire de ce tournoi était désormais la leur, quel que soit l’adversaire qui se mettrait en travers de leur chemin. Au-delà des caractéristiques tactiques, par exemple, il s’agit là d’un sentiment fort qui ne demande désormais qu’à trouver confirmation. C’est ainsi la troisième fois que la France se hisse en finale d’un Euro. Les précédents parlent tous en sa faveur. En 1984, la bande à Platini avait raflé la mise. Celle de Zidane en avait fait autant en 2000. Seize ans plus tard, Griezmann est devenu, malgré lui peut-être, le symbole de la nouvelle génération française. A 25 ans, il termine une saison époustouflante. Finaliste de la dernière Ligue des champions avec l’Atlético Madrid, l’attaquant a pris en quelques mois une envergure considérable. La légèreté avec laquelle il se déplace, la finesse de ses gestes, la classe qu’il met dans tout ce qu’il entreprend, sans oublier sa générosité dans un travail plus défensif auquel il se soumet sans rechigner, en font le principal allié de Didier Deschamps. Et lui enlève bien des tracas.

A la différence pourtant de ses devancières, la France d’aujourd’hui ne possède pas de meneur de jeu, une espèce d’ailleurs en voie de disparition, du moins au sens classique où on l’entend. Ce qui peut expliquer cette difficulté à caractériser parfois le jeu tricolore. Alors, le sélectionneur se plaît à répéter que son équipe «s’adapte». C’est à la mode et c’est pratique… Souvent hésitant lors de la phase de groupes, Deschamps a fini par organiser son attaque autour d’un Griezmann dans sa meilleure position (dans l’axe, en soutien de Giroud). Si Payet est incontestable à gauche, il a trouvé côté droit, avec Cissoko, une solution polyvalente qui lui permet d’apporter une aide conséquente au duo Pogba-Matuidi en ligne médiane. C’est du costaud.


Portugal

Pas là pour plaire

Joueur et souvent admirable, le Portugal 2004 avait tout pour devenir un beau champion d’Europe. Et pour avoir vécu cette journée du 4 juillet au stade de la Luz et dans les rues de Lisbonne, on se souvient très bien de l’intensité de la douleur (défaite contre la Grèce 1-0 en finale), à la mesure de l’espoir qu’avait fait naître cette génération dorée. Cristiano Ronaldo n’avait alors que 18 ans et il se souvient sans doute qu’il en avait pleuré. Depuis, l’attaquant a été sacré trois fois Ballon d’or et ses statistiques personnelles n’en finissent pas d’impressionner. A 31 ans, CR7 peut agrémenter son palmarès avec un titre européen qui ne dépareillerait pas sa très belle collection (notamment trois Ligues des champions). Il ne sera assurément pas le moins motivé des Portugais dimanche.

Avec une formule à 16 équipes, le Portugal serait déjà à la maison. Sortis de la phase de groupe sans la moindre victoire, les joueurs de Fernando Santos n’ont pas séduit grand monde jusque-là. Ce mot ne semble d’ailleurs pas faire partie du vocabulaire du sélectionneur. Qui se fiche pas mal des commentaires qui concernent son équipe depuis le début du tournoi.

A l’image de son milieu de terrain, le Portugal montre beaucoup d’activité mais assez peu de maîtrise. La Selecção laisse volontiers l’initiative à l’adversaire, mais peut bien sûr être dangereuse en tout temps avec Nani et un Ronaldo qui s’offre désormais moins de grands raids solitaires, mais reste plus à l’affût que jamais de la moindre possibilité de placer un shoot. Quant à son but de la tête face au Pays de Galles, il s’inscrit d’ores et déjà – quelle élévation et quel timing! – comme un modèle du genre.

Absent en demi-finale (blessure à la cuisse), Pepe pourrait revenir au sein de la défense portugaise. Auteur d’un très bon Euro, le Madrilène proposerait ainsi un drôle de duel dans les airs avec Giroud. La France doit s’attendre à une bataille de tous les instants. Et contrairement à ce qui s’est passé en demi-finale, elle risque d’avoir la possession pour elle. Or, elle n’en a pas toujours fait le meilleur usage lorsque ça s’est produit. Ce match-là s’annonce donc âpre et sans doute beaucoup plus indécis qu’il n’en a l’air.

Créé: 09.07.2016, 15h16

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