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Les pères qui ont pris des billets en cachette

Venus d’Irlande, un père et ses deux fils. Aussi joyeux ensemble que merveilleusement roux.
Venus d’Irlande, un père et ses deux fils. Aussi joyeux ensemble que merveilleusement roux.
Philippe Dubath

Dans les métros, dans les rues, dans les journaux, les magazines, à la télé bien sûr, on fréquente des vis-à-vis qui ne nous sont pas proches mais pas inconnus non plus: les joueurs vedettes de cet Euro. Ils posent pour de la publicité. Pour des maillots, des écouteurs, des trucs et des machins. Par la magie d’éclairages sophistiqués, ils sont magnifiés, souvent en noir et blanc, comme ces stars que photographiaient et embellissaient les studios hollywoodiens des années cinquante. Sans un peu de lucidité, on achèterait tout et n’importe quoi simplement parce que les publicités sont si bien faites que le produit vanté semble bon et sain, utile, indispensable et que c’est un gars plutôt sympa, propre, net, qui nous le présente.

Heureusement, la vraie vie, c’est autre chose, ce n’est pas du papier glacé, on la frôle quand, emporté par les foules qui glissent vers les stades, deux ou trois heures avant les matches, on croise d’authentiques bonnes bouilles de gens normaux que le bonheur d’en être rend légers et souriants. Beaucoup de papas avec leurs enfants. On imagine l’histoire il y a plusieurs mois. «Papa, on ira à l’Euro? On ira voir des matches, allez papa, dis oui!» Le père a fait semblant de réfléchir et, en douce, il s’est débrouillé pour acheter des billets. Et les voilà, en chemin pour le stade, main dans la patte paternelle quand la petite main ne tient pas des frites, un sandwich, une boisson.

On peut aussi imaginer comment le papa lui-même, il y a longtemps, est allé au stade main dans la patte avec son père. Ou c’est peut-être une tout autre histoire. Pas important. J’ai bien aimé ces trois Irlandais sortis des contes et légendes de leur pays, et rien que pour eux j’espère que demain l’Eire aura assez de belles inspirations contre l’Italie pour qu’ils repartent aussi joyeux que quand ils sont arrivés. Et joyeux ensemble, tellement ensemble, aussi ensemble que merveilleusement roux.

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