Solide et réaliste, la France s’offre la finale tant espérée

Euro 2016Hier soir à Marseille, deux buts de Griezmann le magnifique ont fait plier une Allemagne sans réussite. C’est la fin de la malédiction française face à son voisin allemand.

L'équipe de France laisse éclater sa joie : elle est en finale de «son» Euro 2016, grâce à Antoine Griezmann^.

L'équipe de France laisse éclater sa joie : elle est en finale de «son» Euro 2016, grâce à Antoine Griezmann^. Image: AFP

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La France n’est plus l’équipe qui perd toujours les matches importants face à l’Allemagne. Hier soir, dans un Vélodrome incandescent, les Tricolores ont tiré le maximum de chaque situation - qu’elles soient défensives ou offensives - pour faire tourner cette soirée événement en leur faveur. Les Allemands ont tout tenté en seconde période. Mais à bout de souffle, ils ont fini par se rendre à l’évidence: ils se trouvaient devant un adversaire que rien ne pouvait arrêter. La France n’est donc plus qu’à une marche de ce bonheur programmé que le Portugal tentera de lui contester dimanche, au Stade de France.

Un match plein et costaud

Les Bleus sont entrés dans cette partie avec beaucoup d’intensité et une envie immédiate d’aller tester la défense allemande. Sur une belle et bonne initiative de Griezmann, Neuer a dû se détendre dès la 7e minute. Mais cette tentative d’intimidation - dans le bons sens du terme - ne s’est pas prolongée. Rapidement, l’Allemagne a repris la possession pour de longues séquences qui ont contraint le bloc français a jouer souvent très bas, tout près de sa surface. Sur un tir de Can, Lloris est alle chercher un ballon très difficile, tout près de son poteau droit. Le ton était donné.

Sur l’intensité et le niveau technique général, cet Euro tenait enfin un match plein et costaud. Même si elle était bousculée, on sentait cette France susceptible de réagir à tout instant. A la 42e minute, suite à un contre favorable, Giroud pouvait se projeter vers le but allemand. Mais l’intervention de Höwedes (superbe tacle) évitait le pire aux hommes de Joachim Löw. Alors que les deux équipes étaient sur le point de regagner les vestaires, c’était le coup de théâtre, sous la forme d’une intervention fautive (de la main) de Schweinsteiger dans un duel aérien avec Evra. Monsieur Rizzoli donnait un pénalty que Griezmann transformait sans la moindre hésitation.

En seconde période, l’Allemagne, déjà marquée par plusieurs absences, perdait encore son défenseur Boateng sur blessure. Les hésitations de l’arrière-garde allemande se traduisaient très vite par une grosse approximation qui permettait à Pogba d’adresser un centre que Neuer ne pouvait que repousser dans les pieds de l’inévitable Griezmann. C’était 2-0. Une poignée de secondes plus tard, une frappe de Kimmich s’écrasait sur l’angle des buts de Lloris. Il semblait dit que tous les efforts allemands resteraient vains.

Une barrière psychologique

Bien sûr, il était déjà arrivé à la France de battre son voisin allemand, mais seulement pour beurre, entendez par là en match amical et jamais lorsque ça comptait vraiment. Cela faisait donc 58 ans que les Bleus attendaient cela, soit depuis ce jour de 1958 (Coupe du monde en Suède) où ils s’étaient imposés… 6-3 à l’occasion de la petite finale. C’était l’époque de Kopa et Fontaine, souvenirs d’un autre âge. Par la suite, le duel franco germanique s’est cristallisé autour de trois rendez-vous, tous douloureux, d’abord Séville 1982, puis Guadalajara 1986 et enfin, plus près de nous, Rio 2014, avec une défaite en quart de finale (but de Hummels).

En enlevant ce premier duel dans le cadre d’un Euro, la France a sans doute brisé une barrière psychologique, ouvrant à cette génération talentueuse de nouvelles perspectives. Et pour commencer celle d’un titre de champion d’Europe. Mais s’il a jusque-là ménagé de longues plages de récupération aux équipes, le tournoi se montre impitoyable à l’approche du dernier week-end. La France n’aura ainsi que trois jours - soit un de moins que son adversaire - pour se refaire une santé. Et il en faudra dimanche pour cette nouvelle bataille!

Créé: 08.07.2016, 08h31

En Europe, la rivalité franco-allemande tourne à l’avantage de Berlin

Un match entre la France et l’Allemagne, c’est forcément particulier. Tout le monde en parle: au bistrot, à la boucherie, chez le primeur… Sur le plan sportif, dans la bouche des quidams, cette rivalité oscille entre le match du siècle et la revanche de la demi-finale de 1982. En effet, chacun s’en souvient, chacun se remémore ce qu’il faisait ce soir où les Bleus à Séville ont perdu lors d’une rencontre de légende marquée par d’incroyables rebondissements. Et le drame n’a pas manqué avec l’agression du Français Patrick Battiston par le gardien allemand Harald Schumacher.

Voilà de quoi nourrir durablement le mythe des perdants magnifiques et de l’injustice faite au talent. Ce traumatisme jamais surmonté – la France n’a plus gagné contre la Mannschaft en compétition officielle depuis lors – peut résumer l’actuelle relation politique entre la France et l’Allemagne. Le fameux couple franco-allemand qui a présidé à la création de l’Union européenne semble désormais mal équilibré. La vox populi a beau mettre en perspective le génie créatif d’un côté contre la froide efficacité de l’autre – sans que l’on sache si on parle de sport ou de politique, d’industrie ou de recherche – elle sait que l’Allemagne domine la politique européenne.

Il y a quinze jours à peine, Nicolas Sarkozy faisait grand bruit de son entrevue avec Angela Merkel… Au même moment, des élections avaient lieu en Espagne, les socialistes espagnols pourtant en difficulté n’ont pas tenté de se montrer avec le président socialiste François Hollande.

Mardi dernier à Bruxelles, dans la nuit qui a suivi le sommet européen post-Brexit, il était saisissant de constater les différences entre Angela Merkel et François Hollande. Chacun dans sa salle de presse expliquait le besoin de réaction pour redresser l’UE après ce coup dur. Le président de la République a mentionné au moins cinq fois le nom d’Angela Merkel pour appuyer sa démonstration. La chancelière allemande, elle, a cité le président français… zéro fois. Elle s’est contentée de parler de ses «principaux partenaires européens». La France reléguée aux côtés de l’Italie, de la Pologne ou de l’Espagne? Dur pour le pays fondateur de l’idée européenne!

La France est-elle devenue le grand malade de l’Europe? C’est ainsi qu’était qualifiée l’Allemagne avant ses réformes… La France, elle, semble incapable de circonscrire l’incendie dans ses dépenses publiques, sa dette ne cesse d’augmenter (97% du PIB contre 71% pour l’Allemagne) et son chômage s’est stabilisé à un niveau haut (10,5%, contre 4,7% en Allemagne). Autres chiffres en défaveur de la France: un plein-temps allemand représente 1847?heures par an contre 1661?heures en France. Les jours de grève recensés sont eux huit fois plus nombreux. Trois à quatre millions en France contre 400?000 par an en Allemagne. La productivité est donc moindre.

Mais le France - Allemagne d’hier se jouait sur un terrain de foot… Intéressant de noter qu’une étude sociologique (Football Research in an Enlarged Europe) a mis en lumière que si deux tiers des Français se souviennent du match de Séville, à peine un tiers des Allemands l’a gardé en mémoire. Une victoire parmi tant d’autres pour les uns. Une défaite de légende pour les autres.

Xavier Alonso, Paris

Allemagne 0 France 2

Marseille, 64?078 spectateurs.

Arbitre: M. Rizzoli (ITA).

Buts: 45e Griezmann (penalty) 0-1. 72e Griezmann 0-2.

Allemagne: Neuer; Kimmich, Boateng (61e Mustafi), Höwedes, Hector; Can (67e Götze), Schweinsteiger (79e Sané); Özil, Kroos, Draxler; Müller.

France: Lloris; Sagna, Koscielny, Umtiti, Evra; Pogba, Matuidi; Sissoko, Griezmann (92e Cabaye), Payet (71e Kanté); Giroud (78e Gignac).

Notes: L’Allemagne sans Hummels (suspendu).

Avertissements:
36e Can. 43e Evra. 46e Schweinsteiger et Özil. 50e Draxler. 75e Kanté.





























































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