Eurovision 2025Gilles Marchand: «Pour la Suisse, il faut d’abord se réjouir»
C’est la SSR qui est chargée d’organiser le gigashow de l’année prochaine. Où, comment, à quel prix? Le directeur général de la SSR se dit prêt à relever les défis.

«Il faut rappeler quelques ordres de grandeur», s’exclame Gilles Marchand, directeur général de la SSR, saisi dans la joie du triomphe à l’aéroport de Malmö: «Ce show, c’est 200 millions de téléspectateurs, 250 millions de plus qui le suivent en ligne, et encore les réseaux sociaux. Oui, l’organiser en Suisse représente une série de défis, mais nous trouverons les solutions.»
Marchand entend souligner «l’énorme travail de la télévision suisse pour arriver à ce résultat. Nous avons mis en place depuis six ans, notamment avec la Suisa, la Société suisse pour les droits des auteurs d’œuvres musicales, ces ateliers d’écriture pour professionnaliser le choix de la chanson, dénicher des talents pour les interpréter. Bilan: Luca Hänni a fini 4e en 2019, Gjon’s Tears 3e deux ans plus tard. Et là, on gagne. La première chose que j’ai envie de dire, c’est que l’on doit se réjouir, être fier de ce que l’on a réussi.»
Et de rappeler que cette édition 2024 était sous tension, notamment autour de la présence d’Israël. «La victoire de Nemo, dans ce contexte, elle est importante. Elle met tout le monde d’accord. Personne, des jurys au public, ne la conteste. Comme si la qualité artistique, et ce n’était pas gagné d’avance, l’avait emporté sur tout le reste.»

Dès que rumeurs et parieurs, il y a quelques semaines, avaient placé Nemo parmi les favoris, la SSR a pris les devants pour songer à 2025. «Nous l’avons signalé aux responsables de grandes salles des principales villes du pays, leur disant d’y réfléchir. Maintenant que c’est concret, nous allons envoyer des appels à candidature dans le courant de la semaine, avec un cahier des charges très précis.»
Claude Membrez, directeur de Palexpo à Genève, confirme qu’il a pris langue avec la SSR. «Un tel spectacle ne peut pas se monter n’importe où et Palexpo va jouer à fond ses atouts. Je serais ravi qu’on le fasse à Genève.» Le budget moyen de l’émission est annoncé entre 20 et 22 millions de francs, cela peut être aussi un peu plus, ou moins. Lugano, qui l’a mis en place en 1956, ou Lausanne, qui avait accueilli l’édition 1989, paraissent cependant des poids légers au vu de la dimension prise par l’événement.
«Ce sont les villes avec un aéroport, Bâle, Zurich et Genève, qui sont en tête de liste», poursuit Claude Membrez. «Genève a 12’000 chambres d’hôtel, Zurich 18’000, il faut un centre de presse, pouvoir sécuriser le site, donc ne pas être trop au centre-ville, etc.» Le Hallenstadion zurichois, équipé en gradins et système sonore, présente des avantages, mais pas forcément décisifs. «Il faut aussi pouvoir mettre le lieu à disposition cinq semaines durant, en raison du montage, des répétitions, du démontage. À Palexpo, le salon Vitafood, qui avait lieu en mai, va partir pour Barcelone en 2025: nous avons la place pour l’Eurovision.» Le choix de la ville hôte devrait être annoncé par la SSR dans le courant de l’été.
Une coproduction internationale
Côté financement, Gilles Marchand, qui fait partie du Conseil exécutif de l’Union européenne de radio-télévision (UER), rappelle qu’il s’agit d’une coproduction: «Il y a l’UER, les télévisions nationales, une mise en commun de certaines compétences, par exemple pour la réalisation du show, des apports possibles venant des villes, du Canton, la billetterie. Enfin, les sponsors: la Suisse a sur son sol des marques de niveau mondial, il faut voir comment elles souhaiteront profiter d’une visibilité aussi extraordinaire.»

Et Jean-Marc Richard, sera-t-il sur la scène en Monsieur Loyal 2025, lui, le recordman des commentateurs de l’Eurovision? Il promet que non: «Samedi soir, à la fin, j’étais si tendu, je fermais les yeux en attendant les résultats. C’est fantastique, et Nemo est un type incroyable. Mon rêve a toujours été de commenter un jour ce show en Suisse, mais en cabine. Je ne dis pas qu’on ne fera pas un clin d’œil depuis cette dernière. Je peux aussi donner quelques conseils pour la préparation. Mais l’animation d’un aussi gros spectacle, avec autant de difficultés de toutes sortes, il faut des pros au top: je pense à Sven Epiney, à Sandra Studer – qui avait participé à l’Eurovision – ou alors Michelle Hunziker.» Les paillettes sont prêtes.
Vous avez trouvé une erreur?Merci de nous la signaler.





















