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Éditorial
Face aux migrants, la grande démission

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L’image aérienne du bateau de pêche débordant de migrants quelques heures avant qu’il ne sombre dans les eaux grecques est celle de la grande démission de l’Europe. Les personnes qui ont péri par centaines au large de Kalamata auront été accompagnées jusqu’au bout de leur funeste voyage par les gardes-côtes grecs. Auparavant, un avion de Frontex aura survolé la scène et deux navires marchands passant par là leur auront donné de l’eau.

La règle non dite en Méditerranée? On regarde, mais on n’intervient que si le bateau chavire. L’excuse des autorités grecques arguant que ces personnes n’ont elles-mêmes pas demandé de l’aide est surréaliste. Faut-il, au nom du libre choix, laisser quelque 750 migrants entassés et terrifiés à l’idée d’être renvoyés en Libye aller à la mort ou, avec un peu de bon sens, intervenir avant qu’il ne soit trop tard?

«Le simple fait qu’aucun d’eux ne portait un gilet de sauvetage aurait dû tout au moins faire pencher la balance dans le sens d’une intervention.»

Faut-il discuter la notion de détresse, s’interroger si les migrants étaient plus ou moins en train de couler, plus ou moins proches des côtes, plus ou moins d’accord entre eux?

Le simple fait qu’aucun d’eux ne portait un gilet de sauvetage aurait dû tout au moins faire pencher la balance en faveur d’une intervention. La Grèce a préféré les guider vers l’Italie, puisque c’est là qu’ils voulaient aller. Le libre choix, encore.

Indépendamment de ce que l’on peut penser de la politique migratoire que l’Europe tente de mettre en place depuis des années, le cynisme de ses États a franchi cette semaine, au large de Kalamata, un pas de plus. Au vu des milliers de migrants qui vont tenter cet été la grande traversée, il fait froid dans le dos.