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EditorialFaut-il une loi inutile pour protéger les policiers?

Les journalistes sont chatouilleux et il faut se méfier des procès d’intention. On va donc éviter de hurler trop facilement au scandale à propos du projet de loi que le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin défend ces jours-ci devant l’Assemblée nationale française. Au prétexte de renforcer la sécurité des policiers, il veut interdire la publication sur internet de vidéos d’une intervention des forces de l’ordre si le but est de «porter atteinte à l’intégrité physique ou psychique» d’un policier.

Lire aussi: Faut-il un frein aux vidéos de policiers sur internet?

La formulation est bizarre. Gérald Darmanin la justifie en expliquant qu’il faut que cessent «les appels au viol et au meurtre» de policières ou policiers. Tout cela est évident. Mais la loi actuelle permet très clairement de poursuivre de telles ignominies et la loi nouvelle n’y changera rien.

Il ajoute que les journalistes pourront continuer à faire leur travail et que les citoyens pourront continuer à filmer des scènes qu’ils jugent litigieuses pour s’en plaindre à la justice. On en est fort heureux. Mais si rien ne change, pourquoi une nouvelle norme?

Le soupçon est qu’il s’agit d’une loi coup-de-menton qui ne déploira aucun effet mais qui permet d’occuper le terrain politique et prétendre qu’on agit. Si ce n’est que ça, ce n’est pas trop grave.

Le risque pourtant est que cette loi soit inspirée par des policiers qui s’estiment exemplaires et injustement attaqués, et qu’elle rende plus difficile encore le contrôle des citoyens. Encore une fois, pas de procès d’intention, on verra.

Je constate pourtant que cette loi qui touche à la police et aux libertés publiques est défendue par le ministre de l’Intérieur et non par le ministre de la Justice. Nous vivons des temps où l’on est plus du côté du glaive que de la balance.

3 commentaires
    CHARLES PITTET

    Trois lois en faveur d'un travail exigent. Une, une bonne personnalité et ne point la perdre en route, deux faire appel à un criminologue en cas de nécessité, l'ultime raison, trois savoir être rapide avec des gestes surprises sans trop de mal. En toute occasion le client doit rendre disponible à effet immédiat ou un internement obligatoire psychiatrique.