Passer au contenu principal

AthlétismeFelix Svensson vise désormais les Jeux sous pavillon suisse

Deuxième sur 200 m au meeting de Stockholm, le protégé de Kenny Guex a décidé de courir pour la Suisse. «J’ai grandi, je m’entraîne et étudie ici. C’est logique.»

L’helvético-suédois Felix Svensson, deuxième sur 200 m au dernier meeting Diamond League de Stockholm et basé à Lausanne, a décidé de représenter la Suisse.
L’helvético-suédois Felix Svensson, deuxième sur 200 m au dernier meeting Diamond League de Stockholm et basé à Lausanne, a décidé de représenter la Suisse.
Sigfredo Haro

Swiss Athletics vit décidément une période faste. Non contente de voir ses athlètes à briller sur la piste, la fédération suisse vient de réussir un joli coup en coulisses. Via une vidéo diffusée sur son compte Instagram, le sprinteur helvético-suédois Felix Svensson vient en effet d’annoncer son intention de dorénavant représenter le pays où il a grandi. Une excellente nouvelle puisque ce Versoisien qui étudie et s’entraîne à Lausanne est ressorti du confinement en pleine forme, enchaînant le titre de champion de Suède sur 200 mètres et une prestigieuse deuxième place au meeting Diamond League de Stockholm.

«Je vis en Suisse depuis l’âge de quatre ans mais je n’ai obtenu la nationalité qu’en 2017. Au moment de me lancer en juniors, je n’avais donc pas d’autres choix que de représenter la Suède, explique celui qui mène de front sa carrière et un Bachelor à l’Institut des Sciences du Sport de l’UNIL. J’ai commencé à me poser des questions il y a un an. Et puis le confinement a tout accéléré: j’ai eu le temps de mettre en place le projet et de lancer les demandes.» Quelques mois plus tard, les fédérations suisses et suédoises sont donc tombées d’accord. Il ne reste plus que le feu vert de l’IAAF pour que Felix Svensson enfile le maillot rouge à croix blanche.

«J’ai grandi ici, je ne compte pas partir. Mon identité suisse est forte. Je construis ma vie en Suisse, cela me paraît logique de la représenter.»

Felix Svensson, spécialiste du 200 mètres

Voilà pour le timing, placent aux motivations. «J’ai grandi ici, je ne compte pas partir. Mon identité suisse est forte, commence le jeune homme de 23 ans. Et puis, je trouve normal de courir pour le pays où tu vis. Je construis ma vie en Suisse, cela me paraît logique de la représenter. Ces derniers temps, j’étais un peu étranger partout, à force de courir pour un pays où je ne vivais pas. Cette cohérence va m’aider à être plus visible, c’est important pour la suite de ma carrière.» Un projet que Felix Svensson a placé dans les mains de Kenny Guex, le coach national responsable du sprint et des haies.

Cette carrière en devenir, l’étudiant sprinteur la projette sur le long terme avec la patience de ceux qui ont grandi dans un environnement sain. «Le projet, c’est t’atteindre le top niveau mondial pour les Jeux olympiques 2024 et 2028. Mais j’ai bien sûr en tête de me qualifier pour les JO de Tokyo l’année prochaine.» Pour cela, il faudra surfer sur la vague de sa dernière ligne droite de Stockholm (20.75 à deux centièmes de son record personnel). «C’était la première fois que je me mesurais à l’élite mondiale et j’ai dépassé mes attentes. J’étais en retard dans le virage mais je n’ai pas paniqué. Car je sais très bien que le deuxième 100 m est mon point fort. Maintenant, il faut que j’améliore ma mise en action. Au plus haut niveau, c’est capital.» Partir plus vite, finir encore plus fort. Vers quels objectifs? «Je ne me fixe pas de limites. Ce n’est pas comme cela que je fonctionne.»

Sans doute le jeune homme a-t-il hérité cette approche d’un environnement familial qui sait toute l’humilité qu’impose le sport de très haut niveau. Avec un père (Jonas) demi-finaliste de Roland-Garros (88 et 90) et une mère (Frida) demi-finaliste des JO de Barcelone sur 400 mètres haies, Felix Svensson peut en effet profiter d’une solide expertise à domicile. «J’ai la chance d’avoir mes deux parents qui ont mené la vie que j’ai choisie. C’est hyper important. Je sais que je pourrai m’appuyer sur leurs conseils au fil de l’aventure.» Une aventure qui ne fait que commencer et qui s’écrira désormais en rouge et blanc.