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ÉditoFenêtre de tir historique

Dimanche, de nombreux regards se tourneront vers Vevey. Notre journaliste explique pourquoi.

«Le House of Cards lémanique». C’est ainsi que Riccardo Bagnato (journaliste à la TV tessinoise TSI) qualifie la situation politique à Vevey. L’image illustre le fait que de nombreux regards se tourneront vers Vevey dimanche, alors même que l’élection qui se jouera n’est qu’une complémentaire.

Au rayon des références culturelles, pour certains Veveysans, ce serait plutôt «La nausée». Nombre d’entre eux sont écœurés de deux ans et demi de conflits à la Municipalité. En témoigne le faible taux actuel de participation (moins de 20%!), qui aura beaucoup de difficulté à remonter dimanche puisque les urnes seront fermées, coronavirus oblige.

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L’enjeu est pourtant de taille, même pour quelques mois. Le schéma des deux blocs de l’Exécutif (les deux Vevey Libre d’un côté, la syndique et le PLR de l’autre), qui ont fini par se calcifier au fur et à mesure des conflits, devrait voler en éclats par l’apport d’une composante à 180 degrés sur l’échiquier politique: la droite risque en effet de perdre son unique siège au profit de la gauche de la gauche. Candidat de Décroissance-Alternatives, Yvan Luccarini était passé à un cheveu d’entrer à l’Exécutif en 2016. Cette fois, il dispose d’un véritable boulevard.

«Yvan Luccarini dispose d’un véritable boulevard pour entrer à l’Exécutif»

Pour lui, la fenêtre de tir est historiquement favorable, à double titre: d’une part, Yvan Luccarini est déjà député et bien connu des citoyens car militant de terrain. En face de lui, trois candidats dont deux sont totalement inexpérimentés en politique. De nombreux PLR – pourtant la première force au Conseil – pensaient même qu’il ne fallait envoyer personne au casse-pipe et attendre mars 2021! Au lieu de cela, l’avocat Valentin Groslimond endosse le rôle du «jeune vierge politique» prêt à être sacrifié sur l’autel des ambitions refrénées des ténors de son parti.

Yvan Luccarini possède un deuxième «avantage»: la crise du Covid rendra sans aucun doute les électeurs plus réceptifs à son discours de toujours, axé sur la consommation locale et la décroissance. «Il n’est pas d’extrême gauche, c’est plutôt un extrême écologiste», illustre un socialiste, qui votera pour Luccarini.

Sans compter qu’il est entouré de graphistes et créatifs ultraefficaces, à l’image de cette affiche: «Problèmes d’élection? ça se soigne…»