Festival Programme communLausanne se donne en spectacles contemporains
Après trois ans d’interruption, Programme commun, réunion du Théâtre de Vidy, de l’Arsenic et de Sévelin 36, reprend du service en mars.

Avec l’arrivée, en 2013, de Vincent Baudriller à la tête du Théâtre de Vidy et au changement d’orientation qui s’est ensuivi, Lausanne se retrouvait forte de deux institutions en dialogue constant avec la scène contemporaine. Vidy, donc, et l’Arsenic, qui risquait de se voir doublé sur sa droite par son aîné aux moyens considérables. Cette concurrence n’a pas eu lieu et le festival Programme commun en a été la démonstration éclatante.
Initiée en 2015, la manifestation entérinait un dialogue entre les deux scènes, tout en invitant d’autres acteurs du spectacle vivant lausannois, Sévelin 36 en tête. Après cinq éditions et trois ans d’interruption liés à la période Covid, on retrouve Vincent Baudriller, Patrick de Rham, directeur de l’Arsenic, et Kylie Walters, nouvelle directrice de Sévelin 36, qui clôt ses Printemps au démarrage de Programme commun, assis autour d’une table pour présenter une 6e édition longtemps attendue et qui aura lieu du 14 au 24 mars. Patrick Gyger, directeur général de Plateforme10, était aussi de la partie pour annoncer une collaboration orientée sur les arts visuels, plus précisément l’art vidéo en provenance de Taïwan.
Outil promotionnel
Cette fédération qui additionne ses forces sans jamais avoir créé une réelle entité juridique n’a pas changé son – double – objectif. D’abord, susciter une logique festivalière qui permette aux spectateurs de multiplier les expériences scéniques, mais aussi de transformer cette plateforme en outil promotionnel adressé à un public plus lointain, notamment celui des professionnels. Pendant les cinq ans de sa première existence, Programme commun a fini par attirer près de 150 journalistes ou programmateurs faisant le déplacement depuis l’étranger.
Autrement dit, cette conjugaison événementielle cherche à positionner Lausanne en pôle dynamique des arts de la scène contemporaine, tout en affirmant ses spécificités locales. Les différents partenaires profitent en effet du festival pour mettre en avant des artistes accompagnés depuis longtemps ou pour la reprise d’un spectacle dont la vie mériterait d’être prolongée ou montrée à un panel international.
La flamme et les billets
L’édition 2024 ne déroge pas à cette logique et rallume la flamme avec ambition: les 20 projets programmés – 3 par Sévelin 36, 9 par Vidy et 8 par l’Arsenic – représentent 11’000 billets mis en vente! La grande majorité d’entre eux font intervenir des artistes suisses ou en lien avec la Suisse, même si ces propositions nourrissent aussi de nombreuses réflexions et dialogues avec notre monde plus ou moins bien globalisé.

Beaucoup de noms seront ainsi connus des habitués des scènes romandes: Stefan Kaegi, Boris Nikitin, Trajal Harrell, Davide-Christelle Sanvee, Ruth Childs, Simon Senn, Géraldine Chollet, Rebecca Balestra ou Mamu Tshi. Mais les découvertes font aussi partie du rituel avec par exemple Davi Pontes et Wallace Ferreira, Tiran Willemse ou les promesses très percutantes de Marvin M’toumo et son conte décolonial «Rectum Crocodile».
Des spectacles tous très engagés qui jouent d’une certaine radicalité et jonglent avec les moyens mis en œuvre selon une hybridation où la ligne esthétique de Programme commun est peut-être à chercher… ou à trouver.
Lausanne, divers lieux, du 14 au 24 mars programme-commun.ch
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