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La Une | Lundi 10 décembre 2018 | Dernière mise à jour 13:02

Des mains pour raconter la musique aux festivaliers sourds

Montreux JazzQuelques heures avant de baisser le rideau, le Montreux Jazz déroulait le tapis rouge à ses hôtes handicapés.

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L’idée peut sembler incongrue pour le profane: convier des personnes sourdes au Montreux Jazz Festival, c’est un peu comme inviter des aveugles au Festival de Cannes. C’est pourtant l’opération qu’a menée, samedi, Procap, la plus grande association de personnes avec handicap en Suisse, au gré d’une journée spéciale. «Un concert sur scène, c’est aussi beaucoup d’informations visuelles, et les personnes sourdes et malentendantes perçoivent les vibrations de la musique; certaines d’entre elles se rendent d’ailleurs en boîte de nuit», explique Sabrina Salupo, en charge de la sensibilisation pour Procap.

L’initiative, une première, a été déclinée en trois volets et en collaboration avec le festival: visite guidée des coulisses dans l’après-midi, atelier de sensibilisation et, en point d’orgue, la traduction en langue des signes du concert gratuit donné par la Veveysanne Ella Ronen.

Une spécialiste allemande
Une véritable performance rendue possible par Laura Schwengber, interprète professionnelle venue d’Allemagne. «J’ai mis au point cette technique, particulière, qui mobilise tout le corps, en 2011. Depuis, j’ai traduit entre 20 et 25 concerts», raconte la jeune femme de 24 ans.

Avant de prendre place sur le devant de la scène, Laura Schwengber apprend les chansons par coeur, au mot près. «Le plus important, c’est d’exprimer les émotions véhiculées par la musique, pas seulement le texte ou la mélodie.»

En milieu d’après-midi, une vingtaine de sourds et malentendants ont sillonné les coulisses du festival sous la houlette de deux guides et d'une interprète: visite du local rempli d’instruments de location, des camions dévolus à l’enregistrement des images et du son des concerts, coup d’oeil sur la déchetterie et l’économat, anecdotes à foison. Seules les loges des artistes ont gardé leurs secrets. «Je suis déjà venue au festival, confie Beatrix, souriante trentenaire, en langue des signes. Je ressens les vibrations de la musique dans mon corps et j’entends parfois les sons très bas. En revanche je ne perçois ni les aigus, ni les textes.»

(24 heures)

Créé: 20.07.2014, 15h13

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