Passer au contenu principal

Auprès de mon arbre avec des choristes, Trénet et Brassens

Tout près de l’arène, à trois pas de l’embarcadère où accostent les vénérables transatlantiques de la Compagnie générale de navigation, un majestueux marronnier cerné par des bancs publics offre son ombre généreuse aux passants, aux enfants, aux figurants. L’autre jour, j’y ai rencontré cinq chanteuses du Chœur de la Fête (poumon essentiel et porteur du spectacle). Marie-Madeleine, Alexandra, Nathalie, Fanny et Michèle. J’ai papoté avec elles en pensant à deux poètes chers à mon cœur, Georges Brassens et Charles Trénet. Brassens, parce que chaque fois que je passe par là, en regardant les gens assis, bien au frais, je me murmure pour moi-même «Auprès de mon arbre», et les vers qui suivent, «je vivais heureux, j’aurais jamais dû m’éloigner de mon arbre». Trénet, parce que dans l’air de Vevey, depuis des semaines, se baladent des chants, des mots et des mélodies magnifiques, qui me font penser à «L’âme des poètes», et à ces vers si justes: «Longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu, leurs chansons courent encore dans les rues»…

Sous le marronnier, j’ai demandé aux cinq choristes quel avenir elles imaginent pour ce qu’elles interprètent chaque jour pour le public de l’arène, et parfois aussi spontanément ici, là, pour le plaisir de semer déjà ces graines de bonheur. Marie-Madeleine: «Les mélodies et les textes vont rester longtemps en moi, car ce sont des choses magnifiques, entraînantes, importantes. Et je pense que les moments vécus, entre membres du chœur, vont nous lier, nous aurons envie de nous retrouver et de chanter ensemble longtemps.» Nathalie: «J’aimerais que l’esprit de la Fête perdure jusqu’à la prochaine grâce aux chants. Et pourquoi pas un lieu, un caveau, qui serait baptisé l’Esprit de la Fête, où justement les mots, les musiques, l’atmosphère, resteraient présents et où nous pourrions venir chanter.» Alexandra: «J’imagine que les airs de la Fête seront repris dans les chœurs de la région, et je me réjouis qu’ensemble – oui ensemble, car c’est tellement magique, ce partage – nous les fassions vivre, nous les partagions longtemps. Tiens, nous allons en parler à nos cheffes de chœur, Caroline et Céline, pour leur proposer de faire quelque chose dans ce sens.» Michèle: «Ces moments, ces musiques, ces chants resteront gravés dans ma mémoire, je les emporterai avec moi, toujours, et chaque fois que je traverse les parchets de Saint-Saphorin d’où je suis originaire, je revois tout. Restons ensemble, perpétuons ce fil conducteur.» Fanny: «J’espère que tout va continuer en duos, trios, quatuors, groupes de cinq cents à mille, même avec les percu-choristes, parce que les chansons sont poétiques, la musique très belle, et j’aimerais même créer des événements autour de cet héritage.»

Voilà. Longtemps, longtemps après que l’arène aura disparu de Vevey, son âme musicale se baladera dans les rues, dans les esprits, et forcément dans les cœurs, grâce au Chœur de la Fête.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.