Cheffe Libellule, Caroline Meyer donne des ailes aux 900 choristes de la Fête

Fête des VigneronsSans se douter qu’elle tiendrait la baguette dans l’arène veveysanne, la musicienne espérait faire cette édition.

Caroline Meyer,la cheffe principale est très complice avec l'autre cheffe Céline Grandjean: elle lui accroche ses ailes. 
Images: ODILE MEYLAN

Caroline Meyer,la cheffe principale est très complice avec l'autre cheffe Céline Grandjean: elle lui accroche ses ailes. Images: ODILE MEYLAN

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Valise à la main, chapeau de paille, le sourire de ceux qui savourent chaque instant, Caroline Meyer pourrait presque passer pour une touriste. Peut-être… une spectatrice. Sauf que la jeune femme connaît tout le monde dans le périmètre de l’arène veveysanne. De retour d’une journée off chez elle à Lausanne, la cheffe principale des 900 choristes de la Fête des Vignerons est tout à son plaisir d’arpenter les rues, même si le rythme est plutôt soutenu, minuté jusqu’à l’entrée en scène.

Une petite heure de répétition au Théâtre de Vevey avec les adultes, avant de laisser les rênes à l’autre cheffe Céline Grandjean, une demi-heure avec les 153 enfants à l’autre bout du périmètre. Et toujours la même énergie à diffuser. Seuls les mots changent, à l’exception d’un: la fierté! Caroline Meyer les met en voix dans le bonheur de «ce moment où l’unité se crée», sans oublier de détendre la corde en lançant: «Soyez inspirés à tous les instants, en plus vous avez de supercheffes, inspirez-vous!» Les rires fusent, les applaudissements aussi.

La cheffe aime aller «chercher ses choristes avec le regard».

Une vraie performance les attend, les choristes sont présents dans seize des 19 tableaux du spectacle et les cheffes n’ont que quinze minutes de pause. «Je me souviens de cette première fois où l’on a pu réunir tout le monde, après des mois de répétition chaque chœur de son côté. On était encore loin, mais les poils se sont dressés et j’ai eu les larmes aux yeux.»

Cheffe de projet à la télévision Vaud-Fribourg, la musique dans son ADN familial, un besoin viscéral de chanter pour conserver son équilibre, la jeune femme se souvient aussi de ce 7 juillet 2018 comme de ces dates qui marquent à vie. «On m’avait fixé un rendez-vous à 8 heures à la Guinguette (ndlr: le quartier général de l’organisation de la Fête). Je me suis retrouvée face aux trois compositeurs et aux membres de la commission artistique, loin de me douter de ce qui allait suivre. D’ailleurs, je pensais que le poste de cheffe de chœur était déjà attribué.» A-t-elle dit oui tout de suite? La question la fait rire, en plus d’occuper un poste à 100%, Caroline Meyer est bien trop réfléchie pour ça.

«J’adore, il y a quelqu’un qui s’occupe de moi pour me rendre belle. En plus, c’est un moment précieux, celui où l’on peut se recentrer, se concentrer.»

«Je ne me lance jamais sans être certaine de pouvoir remplir la mission.» L’étude est sérieuse, examen du terrain, bilan de capacités, projections et… une fois finalisée, la cheffe ne prend plus que le bonheur. Et ça se voit! Installée dans le caveau des Cent-Suisses le temps de partager cette flamme, aux bons soins des maquilleuses et des costumières pour se transformer en libellule, elle plane. Même à l’idée d’avaler sa salade de lentille faite maison dans les quinze minutes à elle avant d’entrer en scène. «Il est des jours où il faut aller chercher les choristes, peut-être plus fatigués, et d’autres où il faut un peu les calmer. On façonne les choses en direct, c’est ce qui est beau.» À la fin, la cheffe a pris l’habitude de rester un peu sur la scène, la délicatesse de son costume ne lui permettant d’aller se mêler à la foule. «Je suis encore dans la magie du spectacle, c’est en échangeant avec les spectateurs que je me rends compte que ça a vraiment eu lieu.»

Frissons contagieux

Aussi déterminée que lucide, si elle s’abandonne au calme d’un parcours de golf où elle accompagne son «chéri», Caroline Meyer ne s’est pas laissé engloutir par les sables mouvants de l’élaboration d’un spectacle XXL. «Je savais que le projet n’était pas codifié d’avance et que l’équipe artistique aimait se laisser plusieurs options. En acceptant ce paradigme de base, j’ai pu travailler avec des pointures reconnues dans le monde entier et j’ai fait un bond de géant.» Le collectif, sa force ont fait le reste, touchant juste: la cheffe aime les grands projets. «J’avais envie de participer à cette célébration, de comprendre pourquoi les gens s’engagent à ce point, c’était presque un intérêt sociologique.» La conclusion de l’étude est venue sous la forme d’un frisson contagieux. Les vibrations du chant, de la musique, de ceux qui leur donnent tout rencontrant celles du public. «C’est euphorisant!»

Le moment de solitude ne va pas durer, Caroline Meyer entre en scène.

Et si une partition un peu plus délicate s’est invitée à la suite des critiques concernant la difficulté de comprendre les paroles, Caroline Meyer l’a jouée avec le même dynamisme. «Bien sûr qu’il a fallu gérer des frustrations. Ces choristes ont aimé la musique et les textes, ils les ont appris comme ils ont appris la mise en scène et les changements de costume dans une adhésion totale au projet, alors forcément ça ressort. Et si l’on a un peu vécu avec ces premières impressions, le son a été en perpétuelle amélioration; désormais on comprend les paroles.»

Créé: 02.08.2019, 06h57

L'accent féminin du spectacle

Laisser les derniers «Lyoba» à la Petite Julie n’a pas été l’idée la plus simple à faire passer! Daniele Finzi Pasca le glissait en aparté au lendemain du couronnement de la première vigneronne tâcheronne, «signe, pour lui, que le monde change».

Ce signe, le créateur l’a démultiplié dans son spectacle sans jamais forcer le trait. Il y a notamment les deux cheffes de chœur, la Messagère, les Cent pour Cent – expression d’une égalité –, la Petite Julie qui prend le spectacle par la main ou encore la Libellule qui le fait entrer dans une dimension céleste. Suspendue à son fil, Emi Vauthey, 26 ans, voit le spectacle d’en haut mais elle le regarde aussi avec une certaine hauteur.

«Lorsque j’ai vu Daniele pour la première fois, il m’a tout de suite parlé des Cent pour Cent, j’ai trouvé génial qu’une Fête aussi populaire et aussi ancrée dans la tradition puisse porter ce message. Je crois que l’art peut faire beaucoup de choses sans être clivant, parce qu’on vit vraiment une expérience tous ensemble.»

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